MBA: le parcours du combattant

Catherine Vincent

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Un MBA, c'est long. Très long. Normal, il est destiné aux cadres à haut potentiel dont l'expérience oscille entre 5 et 10 ans et qui se destinent à de hautes fonctions managériales comme des directions générales ou des créations d'entreprises. Un domaine dans lequel l'organisation, la persévérance et la patience sont des vertus.

Le MBA, "c'est un accélérateur de carrière", résume Amélie Lobry, senior consultante au sein de la division Juridique & Fiscal du cabinet Robert Walters spécialisé dans le recrutement des cadres expérimentés.

Etape de carrière

La première étape du processus, et non la moindre, consiste à définir son plan de carrière. "Le MBA n'est pas une fin en soi mais une étape de carrière. Avant de commencer, il faut clairement identifier pourquoi on fait un MBA, dans quel but", insiste Amélie Lobry. Et les motivations ne manquent pas. Certains candidats veulent réorienter leur carrière en changeant de secteur, de poste, de voie; d'autres veulent se lancer dans une carrière plus internationale, améliorer leur salaire, accéder à un échelon supérieur, ou créer leur entreprise.

En fonction de son objectif, il faut choisir son MBA. C'est un diplôme international généraliste de management même si depuis quelques années, des formations spécialisées ont émergé comme le Winne MBA à Bordeaux. Comme pour toute formation, des classements existent. Celui du Financial Times est le plus regardé, confirme Marina Baillon, manager en Finance d'Entreprise chez Robert Walters.

Etre titulaire d'un MBA de l'une de ces universités ou écoles est effectivement prestigieux. Mais pas toujours adapté à l'objectif du candidat. Mieux vaut donc étudier les formations proposées par les différents MBA et choisir celui qui donnera le plus d'atout au regard de l'objectif visé. Il faut donc connaître: le contenu précis des enseignements, la qualité du corps professoral, la densité du réseau d'anciens et de l'ouverture internationale du programme.

La préparation

Vient ensuite l'heure de la préparation. Une série de tests sont souvent demandés par les MBA. En premier lieu, l'anglais étant le langage des affaires ou du moins celui des MBA, le TOEIC (Test Of English for International Communication) est couramment demandé. Il évalue le niveau d'anglais professionnel des candidats (oral et écrit). Le TOEFL (Test of english as a foreign language) fait aussi partie des tests requis. Il permet également d’évaluer les compétences en anglais de ceux dont ce n’est pas la langue maternelle. Le TOEFL dure 4h30 et est découpé en quatre épreuves : listening, structure, reading et writing.

Plus spécifiquement, le GMAT (Graduate Management Admission Test) est, lui aussi, plus que nécessaire. C'est un examen standard d’origine américaine qui sert à tester votre aptitude à étudier le management. Il dure 3h30 dont 75 minutes pour répondre à trente-sept questions quantitatives, 75 autres minutes pour quarante et une questions de vocabulaire, et enfin 30 minutes pour chacune des deux épreuves de rédaction analytique. Le score maximal possible? 800 points, alors que le score minimal est de 200. La moyenne obtenue par les candidats acceptés dans les écoles françaises oscille en 650 et 690.

Il ne faut pas sous estimer le temps nécessaire à la préparation des tests sous peine de devoir les repasser. Plusieurs titulaires de MBA racontent qu'ils les ont préparés pendant un an et les ont souvent passés plusieurs fois avant de les réussir.

Le GMAT est très critiqué par les candidats dont la langue maternelle n'est pas l'anglais. Il est en effet évident qu'un score de 600 obtenu par un anglo-saxon n'a pas la même valeur qu'un score de 600 obtenu par un non anglophone.

Mais dans le fond, peu importe puisqu'in fine l'anglais GMAT est un nouveau langage et qu'il est nécessaire d'oublier tout ce que l'on connaît de l'anglais pour l'apprendre, comme le remarque Martin, titulaire d'un MBA de l'INSEAD. Un conseil pour réussir? "Think like them" (pensez comme eux), recommande-t-il. 600 points sont nécessaires.

Dossier de candidature

Parallèlement à la préparation des tests, il faut monter le dossier de candidature pour le MBA de son choix. Là encore, cela demande du temps et de l'organisation. Il est nécessaire de fournir tous les diplômes et les relevés de notes de votre cursus universitaire, des lettres de recommandation, les scores obtenus au GMAT, TOEFL ou TOEIC, une description détaillée du parcours professionnel, une lettre de candidature motivée… La liste est longue.

Certains cabinets se sont donc spécialisés dans l'élaboration de ce dossier de candidature qu'ils proposent d'optimiser moyennant finance. Là encore, il est nécessaire de bien se renseigner sur la crédibilité de ces cabinets. Le mieux est de commencer à raisonner "réseaux". Alors autant interroger des anciens du MBA auquel on postule dans la mesure où ils pourront aider dans la constitution du dossier mais aussi à la préparation de l'entretien final,

l'étape la plus difficile si l'on en croit plusieurs diplômés
. C'est ça aussi un MBA.