Les grandes lignes du plan d'action Barosso

Elsa Meyer

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Seul candidat en lice, José Manuel Barroso a été reconduit mercredi 16 septembre par les députés européens à la tête de la Commission européenne.

Entre la crise économique, les défis budgétaires de l'Union européenne (UE) et la coordination des politiques économiques et sociales communes, son agenda s'annonce chargé. Le président de la Commission a d’ores et déjà présenté les grandes lignes de son plan d’action pour les cinq ans à venir, même si la plupart de ses opposants dénonce une absence de projet cohérent pour l'Europe sur le court et le long terme.

Sortir de la crise

Son premier objectif concerne évidemment la sortie de crise. Il préconise pour cela "la mise en œuvre résolue du plan européen pour la relance économique, le maintien des taux d’intérêt à un faible niveau, le retour des banques à la viabilité et un recours aux règles européennes en matière d’aides d’État".

Lutte contre le chômage

Dans cette perspective, la lutte contre le chômage est présentée comme sa "priorité". Entre 2007 et 2010, "plus de 8 millions de personnes" en Europe devraient en effet perdre leur emploi.

Pour combattre cette situation, José Manuel Barroso souhaite mettre l’accent sur l’enseignement et la formation professionnelle et compter sur la création d’emplois "verts", dans le secteur de l’environnement, et "blancs", dans celui des services aux personnes âgées. Le Parti socialiste européen dénonce sur ce point un projet lacunaire et trop classique pour faire face aux enjeux.

Diminuer les déficits

En effet, en cette période de crise mondiale, les taux de chômage européens s'envolent. Selon dernières prévisions, ils devraient atteindre 11,3% en France fin 2010, 11,8% en Allemagne et 10,5% en Italie. Pour faire face, l'OCDE recommande la réorientation des plans de relances en faveur de l'emploi. En d'autres termes, l'organisation estime que sans soutien public, les économies mondiales ne pourront enrayer la montée du chômage, ce qui compromettra la reprise.

Qui dit soutien public dit dépenses publiques. Or, depuis le début de la crise, les pays européens ont lourdement creusé leurs déficits publics passés bien au-delà des 3% prévus par le pacte de stabilité européen, un texte cher à José Manuel Barroso.

Comme lors de son mandat précédent, le président de la Commission européenne veut en effet rester très ferme sur la question des déficits. La Commission a déjà rappelé à l’ordre plusieurs Etats, au début de l’année en

enclenchant une procédure pour déficits excessifs contre six pays, dont la France
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Pour Pervenche Berrès (lire son entretien sur e24.fr), député socialiste européen, cette stratégie n'est pas la bonne. "Certes, tout le monde est d'accord: il ne faut pas creuser les déficits. Mais dans la situation actuelle, comment faire pour revenir aux 3% tout en finançant les investissements de long terme? Or, Barroso se contente de dire: il faut attendre la sortie de crise. Mais quels remèdes propose-t-il pour, justement, sortir de cette crise? Il oublie une étape dans son raisonnement."

Régulation financière

L'autre chantier privilégié par José Manuel Barroso reste la régulation financière. Son objectif: garantir la viabilité des banques, notamment en restaurant le flux de crédit, et imposer plus de transparence grâce à une meilleure réglementation.

Récemment, le président de la Commission s'est également prononcé en faveur d'une taxe Tobin sur les transactions financières pour financer le développement dans les pays pauvres, mais sans apporter plus d'informations.

La question des rémunérations est pour l'instant traitée au niveau de l'Union européenne, pas au niveau de la Commission. Les dirigeants des 27 pays européens se réunissent ce jeudi soir à l'initiative de la présidence suédoise pour faire pression sur Washington réticent à l'idée d'un plafonnement des bonus.

Ouverture du marché

Dernier sujet et non des moindres, l'ouverture du marché européen, à l'intérieur comme à l'extérieur. Dans ce domaine, José Manuel Barroso devrait poursuivre sa politique de dérégulation et d'ouverture à la concurrence des principaux secteurs économiques. Il plaide également pour une plus grande coopération en matière de réglementation avec les principaux partenaires commerciaux de l’UE pour diminuer les barrières non tarifaires qui entravent les exportations européennes.