Le combat de Libération

Catherine Vincent

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"L'info est un combat". C'est la signature de la campagne de pub de Libération qui sortira lundi 7 septembre prochain une nouvelle offre éditoriale qui montre bien que le quotidien, qui a évité de justesse le dépôt de bilan à deux reprises en deux ans, repart à l'offensive.

Comme en a convenu Laurent Joffrin, co-président, lors de la conférence de présentation de la nouvelle offre éditoriale, Libération n'est pas encore sorti d'affaire. Le journal souffre même un peu plus que ces concurrents du fait de sa petite taille. Pour autant, il a dorénavant des projets et des objectifs ambitieux comme regagner 5 à 10 % de diffusion d'ici la fin de l'année.

1 million de perte nette

En fait,

après avoir essuyé 1,6 million de perte d'exploitation en 2008
, Libé vise l'équilibre pour 2009, a expliqué l'autre co-président de Libération, Nathalie Collin. C'est déjà un objectif ambitieux en soi et Libération compte, en plus de la poursuite du plan de rigueur dans la gestion de l'entreprise, sur le succès de son offre remaniée pour y parvenir. Néanmoins, le résultat net 2009 de Libé devrait être négatif à -1 millions d'euros. Et si Nathalie Collin ne peut prévoir clairement aujourd'hui de perspectives de bénéfices, l'objectif est tout de même fixé pour 2010.

Il faut dire que les actionnaires, parmi lesquels figure Pierre Bergé depuis mai dernier, ont clairement signifié à Libération que le temps était venu de voler de ses propres ailes. Edouard de Rothschild, avait déjà mis 20 millions d'euros sur la table en 2005, date à laquelle il est entré au capital, et semblait trouver que l'aventure lui coûtait un peu cher. D'autant que cet investissement avait pesé sur ses deniers personnels.

Augmentation de capital

Les actionnaires ont pourtant remis au pot en mai 2009. Les 3 millions d'euros d'apport en comptes courants vont être transformés en augmentation de capital dans le courant du mois de septembre, ce qui apportera plus de stabilité à Libé qui rembourse déjà 2 millions d'euros par an sur 5 ans depuis l'étalement de sa dette décidée en procédure de sauvegarde.

Et puis il y a eu le difficile épisode de la mort de Caroli Caracciolo, deuxième actionnaire de Libération, en décembre 2008. "Le début d'année a été difficile", a rappelé Laurent Joffrin. "Nous avions un actionnaire formidable, le Prince Caracciolo. Mais il était âgé et malade qui plus est. Il se trouve qu'il est mort, juste au moment où il allait remettre de l'argent", a-t-il détaillé avant de décrire Libération comme le "Tintin de la presse écrite". "On est petits mais on n'a pas peur des autres. Et même si c'est dur, je pense que l'on va y arriver". Après tout, si Libé est un personnage de BD, les personnages de BD ne meurent jamais, a-t-il relevé.

Ils ne meurent pas, mais souffrent. C'est aussi le cas de Libération dont les recettes publicitaires ont décru de 12% au premier semestre par rapport au 1er semestre 2009. les prévisions de Nathalie Collin tablent sur un recul de -8% en 2009 par rapport à 2008. Le tout avec une lente érosion des ventes du quotidien. La crise est bien là. Il est donc nécessaire de diversifier les ressources.

Liberation.fr va donc développer une partie payante avec des abonnements à 6 et 12 euros. L'objectif est d'atteindre 20.000 abonnés web payants d'ici la fin de l'année.