Pernod Ricard: hausse de 13% du résultat net

Jocelyn Jovène

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Absolut aura permis à Pernod Ricard de limiter les dégâts. Le deuxième groupe mondial de vins et spiritueux a dégagé un bénéfice net de 945 millions d'euros au cours de l'exercice fiscal clos fin juin, en progression de 13% sur un an. Ce résultat dépasse les attentes des analystes qui tablaient sur un bénéfice net de 922 millions d'euros.

Sur l'année, l'apport d'Absolut a soutenu la croissance du chiffre d'affaires et l'amélioration des marges. Le résultat opérationnel courant a augmenté de 21% à 1,85 milliard d'euros, un niveau en ligne avec les attentes du marché.

L'intégration d'Absolut représente une contribution de 272 millions d'euros sur onze mois, indique Pernod Ricard, dans un communiqué de presse. L'intégration d'Absolut est notamment visible dans la région Amériques, où le chiffre d'affaires a augmenté de 19% et le résultat opérationnel courant a bondi de 51%.

Le fabricant du whisky Chivas Regal, des boissons anisés Pastis 51 et Ricard, du rhum Havans et du cognac Martell indique néanmoins qu'en dehors d'Absolut, les effets de la crise se font sentir. L'activité a reculé de 3% à périmètre et taux de change constants au cours du quatrième trimestre de l'exercice, entre avril et juin.

"Pour 2009/10, Pernod Ricard anticipe un environnement économique général encore difficile, avec une stagnation globale du secteur des vins et spiritueux", souligne le groupe. "Il y aura un effet de retard de l'amélioration de la conjoncture sur notre activité", a souligné Pierre Pringuet, le PDG du groupe, lors d'une conférence de presse. "Nous observons une croissance de la consommation à domicile de 1% à 2%, compensée par une baisse des ventes dans l'hôtellerie, les bars et la restauration (le "on-trade" dans le jargon du secteur)", a-t-il précisé.

Pernod Ricard avertit d'un premier semestre difficile, en raison d'une base de comparaison défavorable, puis une situation améliorée au cours du second semestre. Le groupe communiquera des objectifs financiers plus précis lors de son assemblée générale, le 2 novembre prochain. Si la situation des marchés matures est parfois difficile, celle de la plupart des marchés émergents est plutôt bonne, en dehors de la Russie où le marché est "sinistré", selon Pierre Pringuet.

Né en 1975 de la fusion des sociétés Pernod et Ricard, le groupe a accéléré son développement à partir de 2001 avec le rachat des alcools du groupe Seagram, puis en 2005, la reprise des actifs d'Allied Domecq. En juillet 2008, le groupe a bouclé la reprise pour 5,3 milliards d'euros du suédois Vin&Sprit, propriétaire de la vodka Absolut.

Face à la crise financière et à l'augmentation rapide de son endettement, Pernod Ricard a lancé en début d'année une augmentation de capital de 1 milliard d'euros destinée à lui donner plus de marges de manoeuvre financière. Malgré une conjoncture plus difficile, la stratégie du groupe de montée en gamme "reste intacte", a clamé Pierre Pringuet. L'année en cours verra la reprise des dépenses publi-promotionnelles pour les marques stratégiques, après un exercice marqué par l'absence du consommateur.

A fin juin, la dette du groupe était de 10,89 milliard d'euros. Le désendettement du groupe se fera à travers la poursuite des cessions d'actifs et la génération d'un flux de trésorerie disponible de 3 milliards d'euros sur les trois années de 2008/09 à 2010/11. Pernod Ricard proposera un dividende de 0,5 euro par action ainsi qu'une action gratuite pour 50 détenues.