Etats-Unis: les dirigeants de banques toujours bien traités

Jocelyn Jovène

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Malgré les aides reçues du gouvernement américain, les banques américaines ont continué de très bien traiter leurs dirigeants.

Selon une étude de l'Institute for Policy Studies publiée mardi, les patrons des 20 principales banques américaines ont touché 13,7 millions de dollars en moyenne, soit 37% de mieux que la moyenne des dirigeants des principales entreprises du pays, regroupées dans l'indice boursier S&P 500.

Pourtant, ces institutions financières ont reçu 263 milliards de dollars d'aides du gouvernement américain, qui s'est engagé à contrôler les rémunérations de leurs dirigeants. Elles ont de surcroît licencié 160.000 de leurs salariés depuis le 1er janvier 2008.

"Malgré les difficultés économiques, l'écart de rémunérations entre les dirigeants d'institutions financières et le S&P 500 ont persisté à un niveau étonnamment élevé", souligne l'IPS dans son rapport.

En 2008, les 5 dirigeants des 20 plus grandes firmes du secteur financier ont touché au total 800 millions de dollars. Entre 2006 et 2008, ces 100 dirigeants ont cumulé 3,2 milliards de rémunérations.

En tête de la liste des dirigeants les mieux payés figure Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs, qui a touché 42,95 millions de dollars en 2008 et 151,2 millions de dollars entre 2006 et 2008. Il est suivi d'un cheveu par le patron d'American Express, Kenneth Chenault, qui a perçu 42,94 millions de dollars l'an dernier.

Le salaire d'un dirigeant de banque représentait en 2008 319 fois le salaire moyen d'un Américain, contre 344 fois en 2007. Il y 30 ans, l'écart était de 30 à 40 fois.

L'IPS reconnaît que les mesures mises en place par l'administration Obama peuvent "potentiellement peser" sur les rémunérations des dirigeants des entreprises aidées.

"A défaut de traiter les questions fondamentales - la taille des rémunérations accordées, l'écart entre les rémunérations des dirigeants et leurs salariés - la bulle des salaires des patrons a de bonne chances de continuer à gonfler", observe John Cavanagh, directeur de l'IPS.