Face au déficit, la Russie privatise

T.V avec AFP

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La ministre russe du Développement économique, Elvira Nabioullina, a annoncé mardi que la Russie comptait lever 70 milliards de roubles (2,34 milliards de dollars) en procédant à la privatisation partielle de sociétés d'Etat en 2010 et 2011.

Parmi les sociétés que la Russie va privatiser en partie en 2010 et en 2011, Mme Nabioullina a cité les noms de l'assureur Rosgosstrakh et de la société de transport par cargo Sovkomflot. Cependant, les fleurons de l'Etat russe - la compagnie aérienne Aeroflot, le pétrolier Rosneft où encore la banque Sberbank- ne sont pas concernés par cette mesure.

"En 2010, nous allons mettre en oeuvre un processus de privatisation afin de disposer de revenus pour le budget", a-t-elle déclaré à la presse après une rencontre avec le Premier ministre, Vladimir Poutine. "Nous estimons que ces ventes peuvent rapporter quelque 70 milliards de roubles", a ajouté la ministre, depuis la résidence du chef du gouvernement située en banlieue de Moscou, à Novo-Ogarevo.

Le gouvernement cherche a réduire son gigantesque déficit budgétaire en 2010, alors que cette année il devrait atteindre 8% du Produit intérieur brut en raison de la crise économique mondiale. Le pays, après une décennie de vaches grasses, prévoit déjà d'emprunter sur les marchés financiers internationaux et de puiser largement dans ses deux fonds souverains pour se financer.

Pas de cadeau

M. Poutine, a de son côté souligné au début de la réunion que les investisseurs ne devaient pas s'attendre à des rabais par rapport à la valeur de marché des parts. "Une privatisation ne peut être ni gratuite, ni privilégiée", a-t-il dit. Les dernières privatisations d'ampleur dans le pays remontent à plus de deux ans. La dernière fut l'entrée en Bourse au printemps 2007 de la banque publique VTB, qui avait levé quelque 8 milliards de dollars, se classant ainsi derrière Rosneft qui avait lui-même collecté 10,6 milliards USD l'année précédente en plaçant 15% de son capital en Bourse.

Un porte-parole de Rosgosstrakh a déclaré à l'agence RIA Novosti que son groupe était "prêt à racheter" lui-même la part de 13,1% que l'Etat entend vendre et que la question était en discussion avec les autorités.