Pérol réfute les accusation de conflit d'intérêt

C.B. avec AFP

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L'ancien conseiller économique de l'Elysée, François Pérol, a réfuté mercredi 25 mars les accusations de conflit d'intérêt pesant sur lui dans le dossier de la fusion entre Banque Populaire et Caisse d'Epargne, dont il est désormais

le principal dirigeant
. "La fusion est un projet qui est venu des entreprises. Ce n'est pas un projet que j'ai imaginé, que j'ai conçu, que j'ai conduit", a affirmé François Pérol lors de son audition devant la
commission des finances
de l'Assemblée nationale.

"J'ai toujours exercé ma fonction en pensant que ma fonction était d'être conseiller, que mon rôle était de conseiller le président" Sarkozy, a ajouté François Pérol. "Je sais que ce n'est pas l'image que vous en avez", a-t-il lancé aux députés. Au sujet de la fusion, François Pérol a assuré qu'il s'était contenté de "donner son opinion au président de la République". "J'ai tâché de l'éclairer au mieux sur cette affaire", a-t-il expliqué. Il a admis avoir reçu les dirigeants des deux groupes dans le cadre des négociations de fusion, "comme ils ont été reçus par d'autres", mais ne considère pas avoir "outrepassé (ses) fonctions". Une loi de 2007 interdit à tout fonctionnaire de travailler pour une entreprise qu'il a surveillée, avec laquelle il a conclu un contrat ou qu'il a conseillée, dans les trois ans précédant son départ. Dans le doute, il doit saisir la commission de déontologie de la fonction publique, ne serait-ce que pour se mettre à l'abri d'une éventuelle poursuite pénale.

François Pérol a justifié le fait de ne pas l'avoir pas saisie par l'"urgence de la situation". Natixis, la filiale commune des deux banques, présentait selon lui fin février un "risque systémique" (risque de faillite et de contagion à l'ensemble du système bancaire). Or la commission ne pouvait se réunir avant le 11 mars, a-t-il rappelé. Mais pour le villepiniste François Goulard, "la crise de liquidités a commencé en novembre: il est difficile d'avancer cet argument" de l'urgence. "Personne n'a envie de vous croire, Monsieur", a lancé pour sa part le député PS Henri Emmanuelli.

Car sur la forme, cette audition a suscité une sévère passe d'armes politique. Les arguments déployés par François Pérol n'ont pas convaincu François Bayrou. Cette nomination est, selon le président du MoDem, "contraire à la loi pénale française" dans la mesure où il s'occupait du rapprochement des deux banques "au nom du président de la République".

Pour leur part, les députés socialistes ont qualifié François Pérol de "Richard Virenque de la finance", "nommé à l'insu de son plein gré", en référence à l'ex-cycliste français impliqué dans des affaires de dopage. Or "quand on regarde les dates, on se rend compte qu'il s'agit d'une construction très largement élyséenne et présidentielle", a commenté le fabiusien Philippe Martin. Silencieux pendant tout le début de l'audition, le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefèvre, a alors pris la défense de François Pérol: "Certains ont cru bon de s'autoproclamer procureurs staliniens dans ce procès d'intentions qui est fait à M. Pérol". "François Pérol a démontré à quel point il était à la hauteur de la mission qui lui a été confiée. Je suis heureux qu'il résiste à ce procès politique qui lui est fait", a ajouté l'ex-conseiller parlementaire de Nicolas Sarkozy.