Jackpot magique des casinos contre la crise

Elsa Meyer

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Un tout nouveau jeu de machines à sous fait son apparition dans les casinos français. Le magic casinos jackpot vous propose de miser 1,50 euros et de gagner des millions.

L'offre est alléchante pour les joueurs mais surtout pour les professionnels du secteur qui comptent relancer par ce biais une économie morose.

331 machines connectées entre elles

Initié par trois grands groupes (Lucien Barrières Hôtels et Casinos, Tranchant et Joagroupe), le principe est simple. 331 machines à sous, présentes dans 100 casinos, sur les 197 que comptent la profession, seront désormais reliées entre elles. Les joueurs miseront jusqu'à 1,50 euros et rempliront ainsi une cagnotte commune virtuelle, en temps réel, qui pourra être gagnée n'importe où en France. Cette mutualisation des mises offrira donc des gains de plusieurs millions d'euros, alors qu'ils dépassent rarement un million d'euros sur les machines traditionnelles.

Une petite révolution

Le magic casinos jackpot constitue une petite révolution, permise par le changement de législation sur les machines à sous de juillet dernier. Pour la première fois, 5 des plus gros groupes et 19 indépendants se sont associés pour mettre en œuvre le premier réseau mondial de casinos interconnectés.

L'objectif est double: proposer un jeu simple pour améliorer l'image des casinos et attirer une nouvelle clientèle, séduite par des gains importants.

"Avec le magic casinos jackpot nous allons pouvoir concurrencer de manière significative la Française des jeux et le PMU, qui offraient jusqu'ici des sommes bien plus élevées que nous", a indiqué Georges Tranchant, président fondateur du groupe du même nom.

Un secteur en crise

10 millions d'euros ont donc été investis par les 100 casinos pour l'instant connectés. Il n'en fallait pas moins pour tenter de relancer une activité en pleine crise depuis plusieurs années.

Pour le dernier exercice (novembre 2007 à novembre 2008), les casinotiers enregistrent en effet une baisse de 8,4% de produits bruts des jeux, la différence entre les gains et les mises.

Le groupe Tranchant a même dû fermer deux de ses 18 établissements cette année tandis que, pour la première fois, deux casinos de Joagroupe seront dans le rouge en 2009.

"Avec la crise économique, la réglementation administrative très stricte qui frappe notre activité, l'interdiction de fumer dans les lieux publics et la liste des joueurs interdits", le secteur se porte mal a souligné Georges Tranchant.

"La seule chance de s'en sortir aujourd'hui c'est de faire front commun et de proposer des solutions innovantes et intelligentes", a de son côté rajouté le groupe Lucien Barrières.

Ouverture des jeux en ligne

Un front commun qui risque d'avoir encore beaucoup à faire dans les mois qui viennent. L'Assemblée nationale devrait examiner d'ici octobre le projet de loi sur l'ouverture du marché des jeux en ligne, pour l'instant interdits en France, d'ici 2010.

Les casinotiers craignent une nouvelle baisse de leur activité et espère "que le secteur des machines à sous ne sera pas concerné par cette ouverture. Ce serait sinon la fin de notre cœur de métier", a précisé Michel Roger, président de Casinos de France (syndicat patronal majoritaire).

La résistance s'organise. Joagroupe est ainsi en discussion avec l'un des trois plus gros sites de paris européens pour créer, à terme, une immense plateforme de jeux virtuels.

Mais sur Internet, aucune collaboration entre casinos n'est pour l'instant à l'ordre du jour.