Boeing avertit sur ses résultats

A.S.G. avec agence

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Boeing est contraint par la crise de ralentir ses cadences et de revoir ses prix.

Seulement cinq avions 777 sortiront des chaînes de production chaque mois à partir de juin 2010, au lieu de sept jusque-là, et le constructeur a renoncé à augmenter comme prévu la cadence de la sortie des chaînes de montage de ses modèles 747-8 et 767, a-t-il annoncé dans un communiqué.

Boeing assure que ces décisions sont "uniquement" le reflet des "demandes de report de livraison exprimées par des clients face à la baisse sans précédent du trafic passager et fret". Toutefois, les trois modèles concernés par la baisse des cadences n'avaient pas fait l'objet d'annulations de commande, alors que durant les trois premiers de l'année il a enregistré plus de désistements que de nouveaux contrats. Les annulations ont toutes porté jusqu'à présent sur le nouvel appareil Dreamliner, ou 787, dont le vol d'essai doit intervenir d'ici à l'été, après deux ans de retard.

"C'est une conjoncture économique extrêmement difficile pour nos clients", a déclaré Scott Carson, le patron de la division des avions commerciaux, cité dans un communiqué. "Il est nécessaire d'ajuster nos plans de production pour adapter l'offre à ces difficiles conditions du marché", a-t-il précisé.

En outre, Boeing se voit soumis à une pression sur les prix: le constructeur a expliqué qu'il avait dû renoncer à des augmentations tarifs qui auraient été très difficiles à avaler pour des compagnies aériennes, lesquelles essuient déjà de lourdes pertes pour la plupart.

Au total, le constructeur a prévenu que ces facteurs amputeraient le bénéfice par action de 38 cents dès les comptes du premier trimestre 2009, dont la publication est attendue le 22 avril.

Boeing n'avait pas jusqu'alors fourni de fourchette pour cette période, évoquant seulement un bénéfice par action compris entre 5,05 dollars et 5,35 dollars pour l'ensemble de l'année. Les analystes pour leur part attendent un bénéfice par action de 1,21 dollar pour le trimestre, et de 5,06 dollars pour l'année. Le constructeur a tenu à préciser qu'en dépit des difficultés de ses clients son carnet de commandes restait solide, avec un programme de livraison de plus de 3.500 avions.

En mars, l'association du transport aérien (IATA), qui représente 93% du trafic, avait estimé que la baisse des livraisons d'avions serait durable, avec 700 avions de plus de 100 places fabriqués par Boeing et son concurrent européen Airbus en 2011, contre 858 pour les deux avionneurs en 2008. Une conséquence directe de la "chute sans précédent" du chiffre d'affaires des transporteurs, qui selon l'IATA devrait atteindre 12% en 2009 à 467 milliards de dollars.

Confrontées à une telle baisse des recettes, les compagnies ont du mal à boucler leurs achats, d'autant que la crise du crédit ne facilite pas l'acquisition d'appareils, dont le prix oscille entre 50 et 325 millions de dollars.

Tenant à garder sa clientèle après être tombé dans le rouge au quatrième trimestre, Boeing avait déjà annoncé ces derniers mois qu'il était prêt à aider ses clients à boucler leurs financements, tout comme Airbus.