La crise, la mafia ne connaît pas

E24 avec AFP

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La crise économique mondiale ne touche pas la mafia italienne, dont le chiffre d'affaires a dépassé en 2008 celui de toutes les entreprises italiennes, selon un rapport publié, mardi 11 novembre, par l'association italienne d'entrepreneurs Confesercenti. La mafia italienne représente "une grande holding dont le chiffre d'affaires atteint 130 milliards d'euros et le bénéfice approche les 70 milliards d'euros", selon le rapport de la Confesercenti qui regroupe quelque 270.000 entrepreneurs, commerçants et artisans spécialisés dans le tourisme et les services.

Encore plus dangereuse

"A la différence des autres entreprises, la mafia subit peu la crise économique et financière internationale", souligne la Confesercenti. "La crise rend la mafia encore plus dangereuse", a même estimé le président de l'association Marco Venturi lors de la présentation du rapport, prévenant que "la mafia risquait de se servir des faiblesses (des entreprises) et des incertitudes de l'économie pour renforcer ses positions". "La grande capacité financière dont elle dispose lui permet de se tailler de nouvelles parts de marchés, de profiter de la crise des liquidités, de faire des acquisitions immobilières et d'entreprises", poursuit le rapport.

Trafic, racket, usure,...

Les principales sources de revenu de la mafia sont le trafic de drogue (59 milliards d'euros), le racket (9 milliards d'euros) et l'usure (12,6 milliards d'euros). Viennent ensuite le trafic d'armes (5,8 milliards d'euros), la contrebande (1,2 Mds) et la prostitution (6 millions d'euros).

Quelque 180.000 commerçants ont été contraints d'accepter des prêts à taux usuraire de clans mafieux en 2008. Selon le rapport, la mafia est très présente dans le secteur de la construction immobilière, où elle investit 37,5% de ses bénéfices, ainsi que dans le commerce de détail et la restauration dans lesquels elle place 20% de ses bénéfices.

Quatre "holdings"

La mafia est divisée en quatre grandes "holdings", selon le rapport, la mafia sicilienne (Cosa Nostra), napolitaine (la Camorra), calabraise (la 'Ndrangheta) et celle des Pouilles (la Sacra Corona Unita), "elles mêmes divisées en petites et moyennes entreprises, autonomes les unes des autres mais ayant la même organisation fortement hiérarchisée, selon le rapport.

En septembre 2007, l'organisation des patrons italienne, la Confindustria, a franchi un pas décisif dans la lutte contre la mafia en annonçant l'exclusion de ses membres qui accepteraient de payer le "pizzo", l'impôt mafieux.