Aide à l'automobile: Nicolas Sarkozy pose ses conditions

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L'Elysée a annoncé lundi 9 février les modalités d'aides à l'indutrie automobile française. Au coeur du dispositif, deux prêts participatifs de 3 milliards d'euros chacun à Renault et PSA Peugeot Citroën et un d'environ 0,5 milliard à Renault Trucks (groupe Volvo) en échange de la pérennité des sites d'assemblage automobile, a annoncé lundi le président Nicolas Sarkozy.. Les prêts seront d'une durée de 5 ans à un taux d'intérêt 6%, c'est-à-dire "légèrement inférieur à ce que trouveraient les deux groupes sur le marché (de 6% à 7%), mais davantage pour ne pas s'attirer les foudres de la Commission" européenne, comme l'écrivait lundi matin Les Echos.

"Pour permettre (aux constructeurs) de préparer sereinement l'avenir, l'Etat va accorder à chacun de nos grands constructeurs, comme l'avait annoncé d'ailleurs le Premier ministre sur le principe, un prêt de 3 milliards d'euros d'une durée de 5 ans", a déclaré Nicolas Sarkozy à l'issue d'une rencontre avec les responsables de la filière automobile. Selon le secrétaire d'Etat à l'Industrie Luc Chatel, la filiale de Renault spécialisée dans la construction de poids lourds, Renault Trucks, recevra un prêt d'"environ 500 millions d'euros". "Ce n'est pas un don, ce n'est pas une subvention, c'est un prêt assorti d'un taux d'intérêt à 6%", a-t-il précisé.

En échange de ces prêts, "Renault et PSA ont pris un engagement, je dis aux Français très important, de ne fermer aucun de leurs sites pendant la durée de ces prêts et de tout faire pour éviter les licenciements", a insisté le président de la République. "C'est un engagement que je salue car il nous assure qu'une crise aigue mais temporaire ne détruira pas une part de notre base industrielle et des savoir-faire de l'automobile", a-t-il poursuivi.

L'aide aux sous-traitants
a également été doublée à 600 millions d'euros. L'aide aux établissements financiers de Renault et PSA a elle aussi été doublée à 2 milliards. Le "pacte automobile" annoncé comporte également une convention augmentant l'indemnisation du chômage partiel en contrepartie du maintien de l'emploi, selon le texte de l'accord. La réaction de PSA Peugeot Citroën ne s'est pas fait attendre. "Ce prêt permettra au groupe de soutenir en particulier son programme de développement de véhicules plus propres, plus économes en énergie et abordables pour ses clients" se félicite le constructeur.

PSA s'engage à respecter son engagement de non fermeture d'usines en France, et va même plus loin: "le groupe ne fermera pas d'usine en France et lancera dans les deux ans à venir, dans chacune de ses cinq usines de montage françaises, un à plusieurs nouveaux modèles de véhicules. Et dans les circonstances actuelles, le groupe ne mettra pas en oeuvre de plans de licenciements en France". De plus, PSA apporte un soutien actif à l'ensemble des acteurs de la filière automobile en réduisant les délais de paiement aux fournisseurs conformément à la Loi de Modernisation de l'Economie, en portant de 100 à 200 millions d'euros sa contribution au Fonds d'Investissement Automobile.

De son côté, Renault s'est aussi félicité du plan d'aide de l'Etat. "Face à la crise exceptionnelle qui frappe toute notre industrie, cet accès au crédit était indispensable au soutien à notre activité ainsi qu’à celle de la filière automobile", a réagit Carlos Ghosn dans un communiqué. En contre-partie de ce plan, Renault "ne fera pas de plan social en 2009 dans ses usines automobiles en France", a annoncé le constructeur. Il a par ailleur confirmé qu'il ne fermerait pas d'usine d'assemblage "dans les prochaines années" en France.