L'Espagne veut renvoyer ses immigrés

Delphine Halgand

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Le gouvernement socialiste du Premier ministre espagnol José Luis Zapatero a régularisé en 2005 près de 700.000 travailleurs sans papiers. Aujourd'hui, le climat économique a bien changé. Le gouvernement, lui, n'a pas changé, mais son attitude face aux immigrés est différente. Il a en effet lancé en novembre dernier un plan de retour volontaire "pour augmenter la protection des travailleurs et des travailleuses immigrants qui désirent rentrer dans leurs pays d'origine". Ce plan offre aux personnes originaires de 20 pays extracommunautaires de payer leur billet d'avion ainsi que 10.000 euros pour qu'elles rentrent dans leur pays d'origine et ne reviennent pas en Espagne avant 3 ans.

Près de 1.500 demandes de retour auraient été faites pour le moment au lieu des 8.000 à 12.000 prévues par le ministère de l'immigration. Les médias espagnols n'hésitent pas à parler d'un échec. Cependant, l'objectif de 100.000 départs est maintenu par le ministère. Cette campagne gouvernementale laisse clairement entendre que maintenant que le chômage grimpe, les étrangers ne sont plus les bienvenus et qu'ils menacent le travail des Espagnols. La

tentation du repli sur soi
gagne du terrain.