Bonus: il faudra "du muscle et des dents"

T.V avec AFP

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Au cours d'une rencontre préparatoire au prochain G20 de Pittsburg (24-25 septembre), les Européens ont mis, mercredi 2 septembre, la pression aux Américains pour mieux encadrer les bonus bancaires au niveau mondial.

"Il y a eu une position européenne commune forte sur la question des rémunérations et des bonus aujourd'hui", a déclaré le ministre suédois des Finances Anders Borg, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances de l'UE.

"Nous pouvons aller à Londres avec une position commune forte", a commenté M. Borg, lors d'une conférence de presse, estimant qu'il y a un besoin "de muscles et de dents, et pas seulement de principes". Les ministres des Finances de l'UE ont adopté un texte dans lequel ils appellent notamment le G20 à plaider pour "augmenter le lien entre les rémunérations", en particulier les bonus, "et les performances".

Londres reste dans une position prudente, réticente à l'idée française d'une limitation internationale des bonus. Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, n'était d'ailleurs pas présent à la réunion, où il était remplacé par un secrétaire d'Etat au Trésor. Vendredi, une autre réunion des ministres des Finances de l'UE est prévue à Londres.

Opérations hautement spéculatives

Après la crise qui a ébranlé la planète financière l'an dernier suite à un excès d'opérations hautement spéculatives sur les marchés, les banques ont repris leurs habitudes et recommencent à

verser de généreuses primes à leurs meilleurs traders
. Une tendance qui suscite l'incompréhension dans l'opinion publique dans la mesure où nombre de ces établissements ont été sauvés ou aidés par l'argent du contribuable.

Mme Lagarde a dit vouloir "essayer" de rallier ses partenaires européens à la propositions française, sans être sûre d'y parvenir. La proposition de M. Sarkozy a déjà été soutenue par l'Allemagne mais la Grande-Bretagne, qui abrite la City, principale place financière européenne, et les Etats-Unis sont plus réservés.

Paris peut compter sur l'appui de Bruxelles. Le commissaire chargé des questions économiques, Joaquin Almunia, a jugé mercredi "globalement appropriées" les mesures de limitation de bonus telles que celles que vient d'annoncer la France.

Système de bonus-malus

Les banques françaises ont accepté la mise en place d'un système de bonus-malus, avec versement différé d'une partie du bonus. En vertu de ce nouveau système, si les performances ne sont pas au rendez-vous dans la durée, la partie différée du bonus ne serait pas versée.

Cette mesure est en ligne avec des recommandations faites par la Commission européenne en avril. "Je pense que les Etats membres devraient suivre les consignes de notre recommandation" incluant justement le paiement différé de la majeure partie des bonus, a répété mercredi M. Almunia.

Les ministres européens des Finances sont réunis mercredi à Bruxelles pour tenter d'adopter une position commune en vue du sommet du G20, qui doit permettre de discuter de nouvelles mesures pour discipliner les marchés financiers et retrouver le chemin de la croissance.