Cours du baril: remplacer le dollar par l'or?

T.V avec AFP

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L'once d'or a atteint mardi un pic à 1.043 dollars, touchant un nouveau record historique après celui atteint en mars 2008, en raison des rumeurs de négociations sur la fixation du prix du pétrole, actuellement coté en dollars. Il prenait ainsi plus de 30 dollars sur la journée, et près de 6% par rapport à vendredi dernier, où il était encore sous 1.000 dollars. Le métal jaune a ainsi dépassé son précédent sommet atteint il y a un an et demi, qui était de 1.032,70 dollars l'once.

Selon le quotidien britannique The Independent, les pays arabes du Golfe envisagent, avec la Chine, la Russie, le Japon et la France, de remplacer le dollar dans les échanges pétroliers par un panier de monnaies incluant le yen, le yuan chinois, l'euro, l'or et la future monnaie commune du Golfe. En attendant que le dollar soit abandonné, "la monnaie de transition pourrait bien être l'or, selon des sources de banques chinoises", indiquait également le quotidien.

L'information a aussitôt été démentie par plusieurs pays concernés, dont le Qatar, la Russie et le Koweït. Il n'empêche: l'once a décollé vers des sommets inédits tandis que le billet vert a été victime d'un accès de faiblesse, tombant à 1,4749 dollar pour un euro, non loin de son niveau le plus bas depuis un an.

Or, le recul du dollar sur le marché des changes encourage aussi techniquement l'avancée de l'or, le métal précieux étant rendu plus attractif pour les investisseurs munis d'autres devises.

L'or profite du dollar faible

Depuis début septembre, l'or n'a cessé d'aligner les performances alors qu'un climat d'optimisme grandissant sur la reprise mondiale entraînait un affaiblissement du dollar. "A court terme, les mouvements des monnaies vont continuer de dicter les prix de l'or", commentaient les analystes de Barclays Capital, ajoutant que "les achats d'or des fonds spécialisés ETP (exchange traded products) continuent de grimper".

Mais l'or profite également des craintes persistantes chez certains investisseurs et joue son rôle de valeur-refuge. Les analystes de la banque d'affaires Goldman Sachs ayant estimé que les cours des marchés des matières premières intégraient "une reprise financière, pas une reprise économique", le précieux métal a pu bénéficier de cette mise en garde de la part d'une banque réputée pour ses pronostics.