SocGén et Calyon auraient reçu 5,2 milliards d'euros après le sauvetage de AIG

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Le sauvetage de l'américain AIG n'a pas fait que des malheureux. Société Générale et Calyon, la filiale de Crédit agricole, auraient reçu 6,6 milliards de dollars (environ 5,2 mililards d'euros) après le renflouement de l'assureur par des fonds publics, affirme Le Parisien dans son édition dominicale.

Le Wall Street Journal a révélé samedi que plusieurs banques, américaines et européennes, ont reçu 50 milliards de dollars depuis que la Réserve fédérale américaine a engagé un programme d'aide pour l'assureur en difficulté. Selon le quotidien des affaires, Goldman Sachs et Deutsche Bank auraient ainsi perçu 6 milliards de dollars chacune entre mi-septembre et décembre 2008.

Selon Le Parisien, qui ne cite pas de sources, "AIG aurait eu vis-à-vis de la Société Générale et de la banque d'affaire Calyon, filiale du Crédit agricole, une dette de respectivement 4,8 milliards de dollars et 1,8 milliard de dollars, au terme de contrats sur des produits dérivés dont les deux banques françaises étaient contreparties". Interrogées par l'AFP, les deux banques n'ont ni démenti ni confirmé cette information, ni souhaité faire de commentaire.

AIG a enregistré des pertes historiques - près de 100 milliards de dollars l'an dernier - et fait l'objet d'un troisième plan de sauvetage de la part des autorités américaines. Ces dernières ont déjà engagé 150 milliards de dollars pour soutenir l'assureur et ont accepté d'injecter 30 milliards de fonds propres supplémentaires le 1er mars dernier. Le gouvernement contrôle déjà près de 80% du capital de l'assureur.

Les pertes d'AIG trouvent leur origine dans AIG Financial Products Corp, une filiale britannique du groupe qui vendait des produits financiers complexes. Cette filiale était exposée à des produits financiers dont la valeur était liée au prix de l'immobilier américain. Elle vendait également des dérivés de crédit (CDS), des contrats financiers complexes qui permettent à ceux qui les acquièrent de se protéger contre la perte de valeur des titres adossés à des prêts immobiliers. La chute des prix de l'immobilier l'an dernier a fait baissé la valeur des titres en question, obligeant AIG à constater des pertes conséquentes. De nombreuses banques étaient contreparties d'AIG sur ces produits dérivés.

Malgré ces lourdes pertes, l'administration Bush tout comme celle de Barack Obama ont estimé que l'assureur est "trop important pour faire faillite", en raison de son poids dans l'économie américaine. En2007, l'entreprise comptait 74 millions de clients dans le monde et employait 116.000 salariés.