La Commission européenne soutient l'interdiction du thon rouge

T.V avec AFP

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La Commission européenne s'est prononcée contre le commerce international de thon rouge, incitant les 27 pays de l'UE à la suivre sur cette position avant l'assemblée générale du CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) en mars 2010 au Qatar.

Elle milite pour l'inscription du thon rouge, très convoité au Japon, en annexe 1de la convention de l'ONU qui dresse la liste de la faune et flore ne pouvant être commercialisée. Mais celle-ci n'interdit pas la pêche pour la consommation locale. L'interdiction du commerce de thon entraînerait le versement de compensations financières aux pêcheurs.

"Cette décision constitue un pas important en faveur de la protection du thon rouge", a déclaré le commissaire à l'Environnement Stavros Dimas, officialisant ainsi une recommandation qui avait déjà filtré la veille. Elle est justifiée car "les scientifiques disent qu'une action urgente est nécessaire pour préserver l'une des créatures les plus emblématiques des océans", a-t-il ajouté.

Bruxelles laisse encore une porte ouverte: si les pays concernés par la pêche au thon dans le monde, qui se réunissent chaque année au sein de l'ICCAT pour se partager les quotas de capture, prennent d'eux même des décisions drastiques pour protéger l'espèce (ou si les données scientifiques à venir montrent que les stocks s'améliorent), alors l'UE pourrait renoncer à demander l'interdiction du négoce.

Position ambiguë de la France

En attendant, la proposition de Bruxelles va être soumise aux Etats membres de l'Union européenne lors d'une première réunion le 21 septembre.

La France en revanche a une position plus ambiguë. Son président Nicolas Sarkozy a d'abord dit en juillet soutenir une interdiction du commerce. Depuis, Paris penche plutôt pour une voie intermédiaire: l'inscription sur l'Annexe II de la CITES, beaucoup moins restrictive, mais avec la possibilité d'un moratoire sur la pêche pendant deux ans.

La France a développé une pêche relativement importante du thon rouge avec l'Italie, l'Espagne, la Grèce, Malte et Chypre. 80% de la pêche méditerranéenne est exportée à prix d'or vers le Japon, ce qui représentait en 2007 quelque 30.000 tonnes.

Paris doit tenir compte de la colère des pêcheurs, qui contestent que le thon rouge soit menacé. L'Association euro-méditerranéenne des pêcheurs professionnels, rassemblant des navires de France, a qualifié mercredi de "non sens" la proposition de Bruxelles.

A la réunion du Cites, le Japon sera le plus ardent défenseur du maintien de la pêche. Mais le Japon se prépare à l'éventualité d'une interdiction. Les grands groupes japonais comme le conglomérat Mitsubishi qui tiennent ce marché, ont déjà accumulé d'importants stocks de thon rouge, faisant au passage baisser les prix.