Toyota va quitter la F1

E.M. avec AFP

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Deux jours après l'annonce de Bridgestone Corp, le constructeur automobile japonais Toyota a annoncé mercredi son retrait immédiat du Championnat du monde de Formule 1 afin de réduire ses coûts face à la crise économique.

"Toyota a décidé de se retirer de la F1", a indiqué le groupe dans un communiqué, citant "des conditions économiques difficiles".

En proie à une forte baisse de ses ventes en raison de la récession planétaire, le premier constructeur mondial continue de compresser ses dépenses, après avoir réduit ses effectifs sous contrat temporaire et fait tourner ses usines au ralenti au plus fort de la crise.

13 podiums

Toyota s'est félicité d'avoir "conquis 13 podiums en huit saisons excitantes depuis 2002", année de son entrée dans le championnat, et a fait part de ses "profonds remerciements aux supporters pour leur soutien". Le groupe a assuré qu'il ferait "de son mieux pour trouver une solution" pour les employés de l'équipe désormais au chômage technique.

Toyota a terminé à la cinquième place au classement des constructeurs du Championnat du monde 2009, conclu le 1er novembre à l'issue du Grand Prix d'Abou Dhabi. Le groupe avait déjà annoncé en juillet qu'il renonçait à héberger le Grand Prix de F1 du Japon à partir de 2010 sur son circuit du Mont-Fuji (centre), également pour des raisons budgétaires.

Le géant nippon vient en outre de mettre fin à sa collaboration avec l'écurie britannique Williams, à qu'il fournissait des moteurs depuis 2007. Les deux équipes ont déclaré en octobre avoir pris cette décision d'un commun accord.

Décision "appropriée"

Mamoru Kato, un spécialiste de l'industrie automobile au centre de recherche Tokai Tokyo, a jugé cette décision "appropriée voire tardive". "Arrêter les activités coûteuses qui ne sont pas dans le coeur de métier est une tendance lourde dans le secteur", a-t-il expliqué.

Toyota a subi les toutes premières pertes de son histoire durant l'exercice budgétaire 2008-2009, clos fin mars, et prévoit de rester dans le rouge cette année. Selon M. Kato, "Toyota s'était lancée dans la F1 pour améliorer son image en Europe et y doper ses ventes, mais l'impact semble avoir été moindre qu'espéré".