Pourquoi il faut aider les PME

Elsa Meyer

— 

Après les jeunes à Avignon le 29 septembre dernier, c'est au tour des petites et moyennes entreprises (PME) d'être au centre des préoccupations du gouvernement. Nicolas Sarkozy a annoncé ce lundi un plan de 2 milliards d'euros pour leur permettre de surmonter la crise.

Une aide nécessaire vu les conséquences de la récession sur leur activité et leur poids économique: les 2,6 millions de PME représentent plus de 95% des entreprises et plus de 65% des emplois.

Très touchées par la crise

Définies par la Commission européenne comme les entreprises dont l’effectif est inférieur à 250 personnes et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 50 millions d’euros ou dont le total du bilan annuel ne dépasse pas 43 millions d’euros, les PME françaises ont été particulièrement touchées par la crise économique.

Au premier semestre 2009, elles prévoyaient ainsi une baisse de 7% de leur chiffre d'affaires sur l'année, soit un recul trois fois plus important que lors de la récession de 1993, selon une étude de conjoncture d'Oséo, établissement publc d'aide à l'investissement pour les PME. Et les perspectives ne sont guère optimistes pour l'année prochaine: seules 32% d'entre elles anticipent une hausse de leur activité en 2010.

A côté d'une baisse de revenus, de nombreuses PME ont aussi dû tout simplement déposer le bilan. La récession de ces derniers mois a entraîné une hausse de 15% des défaillances de sociétés, par rapport à 2008, selon une étude de juillet de la société Altares, spécialisée dans l'information sur les entreprises. Les très petites entreprises, plus vulnérables aux soubresauts économiques, ont été les plus touchées: 70% de ces défaillances concernent des sociétés de moins de trois salariés.

Des conséquences sur toute l'économie

Une situation très préoccupante quand on sait l'importance des entreprises de moins de 250 salariés dans l'activité économique française. Elles produisent en effet 57% de la valeur ajoutée et emploient plus de 8,7 millions de personnes.

La baisse du chiffre d'affaires et la hausse des défaillances d'établissement ont d'ailleurs aussi été synonymes de destructions d'emplois: selon l'étude de l'Oséo de juillet dernier, depuis la fin 2008, 47% des entreprises de 100 à 500 salariés ont ainsi réduit leurs effectifs.

A un moment où la croissance est à peine de 0,3% et que le chômage frôle la barre des 10%, permettre aux PME de retrouver le chemin de la croissance s'avère donc indispensable.