Fillon prévoit le retour à l'équilibre budgétaire pour 2014

E24 avec AFP

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Le Premier ministre français François Fillon a fixé mardi à 2014 l'objectif d'un retour à l'équilibre budgétaire, dans un discours prononcé à Paris devant les Etats généraux des chambres de commerce et d'industrie. "Nous espérons être à un déficit de 0,9 ou 1 point de PIB en 2012, et être à l'équilibre deux ans plus tard", a-t-il dit.

"La crise financière décale de deux ans l'objectif que nous nous sommes fixés, mais nous ne renoncerons pas à cet objectif", a ajouté le chef du gouvernement. M. Fillon avait estimé le 4 décembre que le déficit se creuserait à 3,9% du PIB en 2009 en raison du plan de relance annoncé le même jour, puis serait ramené à 2,9% en 2010, 1,9% en 2011 et 0,9% en 2012.

La hausse du déficit budgétaire en 2009, a-t-il souligné mardi, sera le fait de "mesures qui seront ponctuelles" et "financées en 2009". "Je veux que personne ne s'y trompe, il n'y a pas de tournant dans la politique du gouvernement", a insisté le Premier ministre : "le choix de la remise en ordre de nos finances publiques n'est pas négociable".

"Nous maintenons cet objectif parce qu'un pays surendetté, c'est un pays économiquement faible, un pays moralement irresponsable. Procéder autrement reviendrait à renoncer à tout rétablissement durable de la confiance", a dit François Fillon.

Entreprises en difficulté passagère

Il a annoncé également une initiative en faveur des entreprises qui font face à des "difficultés de trésorerie passagères" en mettant fin à l'inscription automatique des privilèges. "Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises de bonne foi se retrouvent en grande difficulté et ont du mal à honorer leurs impôts et leurs charges sociales, du fait de difficultés de trésorerie passagères", a constaté le Premier ministre, qui clôturait à Paris les états généraux des chambres de commerces et d'industrie.

"Le non-paiement de dettes publiques entraîne automatiquement l’inscription de privilèges, ce qui place l’entreprise dans des difficultés encore plus grandes. Et cela même si vous avez négocié des délais de paiement avec le comptable public", a-t-il ajouté. Selon le chef du gouvernement, "une entreprise qui a anticipé ses difficultés, négocié des délais de paiement et respecte son plan d’apurement, n’est pas en situation de défaut".

Amendement

M. Fillon a dit avoir demandé au ministre du Budget, Eric Woerth, de déposer un amendement au projet de loi de finances rectificative pour 2008 qui permettra "d’exempter le comptable public de l’obligation de publier l’inscription du privilège du Trésor lorsqu’un plan d’apurement des dettes (de l'entreprise) a été octroyé par le créancier public".

Par ailleurs, le délai d’inscription sera allongé de 6 mois à 9 mois "pour laisser le temps nécessaire à la négociation de ces plans", a annoncé M. Fillon. Mais, a-t-il prévenu, "si l’entreprise ne respecte pas son plan, le privilège sera inscrit, afin que les autres créanciers ne soient pas abusés".