Goldman Sachs rattrapé par la crise

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La banque américaine Goldman Sachs pourrait constater sa première perte trimestrielle depuis son introduction en Bourse en 1999 et depuis le début de la crise financière, indique le Wall Street Journal sur son site Internet. Selon le quotidien, qui cite des sources industrielles, Goldman Sachs aurait perdu 2 milliards de dollars. Sur les neuf premiers mois de son exercice fiscal clos fin novembre, la banque affichait jusqu'alors un bénéfice net de 4,4 miliards de dollars.

La banque, qui avait relativement bien résisté à la crise jusqu'ici, n'a pas réussi à passer au travers des turbulences boursières des trois derniers mois de son exercice.

Selon le quotidien économique, Goldman Sachs aurait souffert de ses investissements dans des actifs "en détresse" ("distressed") un peu partout sur la planète. La taille précise de ce portefeuille d'actifs n'est pas divulguée par la banque, mais elle atteindrait plusieurs milliards de dollars. La recherche d'actifs "en détresse", généralement des titres de dette, consiste à investir dans des sociétés dont les fondamentaux sont bons, mais qui souffrent d'une structure de capital inadéquate. Il s'agit pour l'investisseur de reprendre les titres de dettes avec une décote, et de faire le pari d'un redressement de la valeur de l'entreprise.

La banque pourrait en outre constater une perte sur son investissement dans la banque chinoise ICBC, de l'ordre de 700 millions de dollars, ajoute le WSJ.

Goldman Sachs a déjà pris une série de mesures face à la crise financière. La première a été de changer de statut, pour pouvoir bénéficier des facilités de crédit de la Réserve fédérale américaine, avec comme contrepartie une plus grande surveillance de la part des autorités bancaires du pays. La deuxième mesure a consisté à lever des fonds auprès d'investisseurs privés comme Warren Buffett. Enfin, Goldman Sachs fait partie des neuf grandes banques américaines à avoir reçu une injection d'argent public, à hauteur de 10 milliards de dollars la concernant sur une enveloppe globale de 250 milliards de dollars.