Dangereux yo-yo à la Bourse chinoise

— 

Depuis le début du mois d’août, la Bourse de Shanghai a connu quelques séances mouvements. Mercredi, elle chutait brutalement de 4,3%, deux jours après avoir perdu 5,8% en une séance. Mercredi, la Bourse chinoise accumulait 19,8% de perte, à la limite de 20% caractéristique d’un krach. Jeudi, l’indice Shanghai Composite Index a repris 4,5%.

Inflation

Derrière cette chute spectaculaire, certains ont vu les propos de Warren Buffett évoquant un risque de forte inflation dans les années à venir. D’autres raisons plus fondamentales ont visiblement provoqué ces prises de bénéfices après une vive hausse de 8-9 mois.

Tout d’abord, les indices boursiers des pays émergents ont rebondi plus tôt que dans les pays dits "matures". Après un point bas début novembre, l’indice de la Bourse de Shanghai a doublé entre début novembre et début août.

Relance

Cette hausse était alimentée par les efforts du gouvernement pour soutenir l’injection de crédit dans l’économie. Une politique remplie de succès mais qui a aussi alimenté l’afflux de liquidités sur les Bourses chinoises, selon une étude de l’American Institute of Enterprise cité par le blog Zero Hedge.

Une partie de cette hausse a reposé sur le fait que l’économie chinoise, affectée par la récession de l’économie américaine et la crise financière de l’automne dernier, a rapidement bénéficié d’un vaste plan de relance, lui permettant de retrouver un rythme de croissance plus soutenu. Or récemment, certaines publications de résultats ont été décevantes, minant quelque peu le moral des investisseurs.

Réglementation

La rechute de la Bourse serait également le résultat de craintes de renforcement de la réglementation boursière et d’une hausse des impôts de Bourse. La presse locale a évoqué fin juillet une obligation pour les prêteurs de relever le niveau de leurs réserves, laissant craindre l’émergence de nouvelles taxes sur les activités de courtage de titres.

Enfin, une explication technique avancée par certains stratégistes est le récent succès de très grosses introductions en Bourse, comme celle de CSCE, qui auraient asséché le marché secondaire.

Volatilité

De nombreux observateurs, stratégistes ou courtiers, pensent plus que cette baisse est une correction salutaire dans un mouvement de hausse plus durable, liée à la dynamique à long terme des économies émergentes.

Ils rappellent en outre que la Bourse chinoise est particulièrement volatile. Depuis 2005, elle a connu cinq épisodes de baisse de plus de 20%, selon Bloomberg.

Résultats attendus

Les prochaines semaines devraient être cruciales, avec la publication des résultats trimestriels des banques – Bank of Communications Co, en partie détenue par HSBC – et ICBC. A plus long terme, le gouvernement chinois devra – tout comme aux Etats-Unis – démontrer qu’il peut éviter une dérive inflationniste, après ses efforts pour soutenir l’activité et tenir l’objectif de 8% de croissance de l’économie chinoise en 2009.

Or, une partie de cette équation délicate, repose sur la date de reprise de l’économie américaine, principal moteur des exportations chinoises.