Dubai World croule sous les dettes

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"Le soleil ne se couche jamais sur Dubai World". Tel est le slogan de la société d'investissement de l'émirat de Dubai. Présidée par le Sultan Ahmed Bin Sulayem, Dubai World est présent dans une multitude d'activités, de la gestion des ports à l'immobilier, en passant par le tourisme ou l'exploration et le commerce des matières premières.

Mais pour bâtir cet empire, Dubai World s'est lourdement endetté. Fin 2008, la société avait 59,1 milliards de dollars de dettes à son bilan, selon des données publiées auprès de l'opérateur de Bourse NASDAQ Dubai et rapportées par l'agence Dow Jones. Cette montage de dette soulève des questions sur la santé financière de l'Emirat, dont Dubai World est l'un des plus importants bras financiers.

Fin 2008, la société d'investissement présentait 217,8 milliards de dirhams de dette contre 365,8 milliards de dirhams d'actifs à son bilan. Selon Dow Jones, ce chiffre semble indiquer que l'endettement de l'Emirat est supérieur au montant des dettes affichées par ce dernier, à savoir 80 milliards de dollars.

Malgré la hausse tendancielle du prix des matières premières, comme de nombreux autres fonds souverains de par le monde, Dubai n'a pas échappé à la crise financière. Une étude de State Street Global Advisors évaluait à 3.200 milliards de dollars la fortune des fonds souverains dans le monde et indiquait que malgré les ressources provenant du pétrole, de nombreux fonds ont vu leur richesse diminuer à cause de l'effondrement des marchés financiers fin 2008.

75% des dettes de l'Emirat

"Dubai World n'est la pas seule société holding de l'Emirat. Il y en a beaucoup d'autres. Si Dubai World supporte environ 75% des dettes de l'Emirat, je présume que ces dettes sont en fait bien supérieures", observe un banquier qui n'a pas souhaité être identifié. Dubai World n'a pas souhaité répondre aux questions de l'agence.

En juin, la presse locale indiquait que Dubai World avait décidé de mettre en suspens un certain nombre de ses projets d'investissements, "en attendant que les marchés se redressent". Parmi ces investissements figurent des projets dans le tourisme au Rwanda et en Ethiopie, un projet de réserve sauvage au Zimbabwe et 3 autres en Afrique du Sud.

La filiale immobilière de Dubai World, Nakheel, qui construit des archipels en forme de palmiers, a été durement touchée par une chute des prix de l'immobilier de l'ordre de 50% et a dû licencier 15% de ses salariés.

En mai dernier, elle a reçu une injection d'argent que le gouvernement avait emprunté à l'émirat voisin d'Abou Dhabi. Nakheel est également empêtrée dans une série de litiges avec plusieurs fournisseurs qu'elle ne payait plus.

La compagnie immobilière a plus de 80 milliards de dollars de projets en prévision à Dubai, dont la réalisation de trois îles en forme de palmier au large des cotes de l'Emirat.