La crise du livre n'est pas finie

Jocelyn Jovène

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En pleine rentrée littéraire, le cabinet d'études Précepta apporte un éclairage sur l'un des principaux canaux de distribution, les librairies. Et la situation n'est guère réjouissante: baisse des ventes depuis 2008, recul de la rentabilité... Les détaillants du livre devront chercher de nouveaux relais de croissance, affirme le cabinet d'études.

"La croissance de l'activité, structurellement faible, ne suffit plus à absorber la hausse des coûts", écrit Précepta dans un communiqué de presse, citant une étude réalisée par David Targy.

Mutations de fond

Les libraires doivent notamment mieux appréhender les mutations de fond de leur secteur d'activité. Selon Précepta, l'une des principales modifications du paysage est l'arrivée d'Internet. Ce canal représente 10% des ventes totales de livres aujourd'hui et continuera de gagner des parts de marché pour atteindre 12,5% en 2015, prévoit Précepta.

Autre tendance lourde: la multiplication des nouveautés. Elle "dynamise le marché, en stimulant la demande, mais elle tend en contrepartie à raccourcir le cycle de vie des livres" et "à spécialiser les points de vente physiques dans la diffusion des nouveautés, au détriment des ouvrages de fond".

L'évolution des pratiques d'achat (vers les périphéries de villes), et, en 2012, la réduction des délais de paiement, constituent d'autres menaces. Enfin, l'apparition du livre électronique constitue un autre enjeu majeur auquel la profession de libraire devra s'adapter.

Nouveaux services

Précepta estime que face à la contraction inéluctable du marché, les relais de croissance sont à trouver dans les centres commerciaux, mais également dans l'offre de "biens et services n'appartenant pas à la sphère culturelle". Certaines enseignes, comme la Fnac ou Virgin Megastores, développent de nouvelles activités, comme les services à domicile, la vente de produits dérivés ou de produits innovants.

Reste la carte de la différenciation avec les grandes enseignes culturelles, de la personnalisation du conseil, qui devrait être explorée. "Cela passera probablement par un renouvellement du positionnement (conceptualisation des points de vente, spécialisation thématique, etc...)", avertit Précepta.