Économie

Nokia bascule dans le rouge

Le groupe finlandais n'avait accusé de perte depuis 10 ans.

Le numéro un mondial des téléphones mobiles, le finlandais Nokia, a annoncé ce jeudi une perte nette inattendue de 559 millions d'euros au troisième trimestre, la première de la décennie, tout en améliorant ses prévisions pour l'avenir. La nouvelle inattendue d'une perte -les analystes tablaient sur un bénéfice net- a entraîné l'action à la baisse à la Bourse d'Helsinki.

Nokia, leader mondial du secteur depuis 1998, n'avait jamais subi de perte au cours des années 2000. Le finlandais était déjà descendu au premier trimestre à son plus faible bénéfice net de la décennie.

Le 2e trimestre n'avait pas été meilleur.

Le PDG du groupe, Olli-Pekka Kallasvuo, a souligné que la situation du marché s'était améliorée au troisième trimestre, mais reconnu que Nokia rencontrait des problèmes opérationnels. "Nos volumes et notre chiffre d'affaires ont (...) été affectés par des pénuries de composants sur notre portefeuille", dit-il dans le rapport financier de Nokia.

Le chiffre d'affaires s'est élevé à 9,81 milliards d'euros, en baisse de 20%, inférieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur des ventes de 9,97 milliards, selon un consensus réalisé par l'agence Dow Jones.

Mais Nokia s'est montré plus optimiste pour l'avenir en améliorant sa prévision pour le marché total des téléphones mobiles et table désormais sur un recul de 7%, contre 10% jusqu'à présent. "La demande pour les téléphones mobiles s'est améliorée dans de nombreux marchés au cours du troisième trimestre", indique le PDG.

Le prix moyen de vente des téléphones, qui a chuté depuis le début de la crise et est très suivi parce qu'il indique les effets d'une concurrence accrue, est resté stable par rapport au deuxième trimestre, à 62 euros.

Outre la baisse du prix moyen des téléphones entraînée par la crise, Nokia souffre actuellement de l'effritement de sa part de marché face à la nouvelle concurrence du Blackberry du canadien RiM et surtout de l'iPhone de l'américain Apple, sur le segment très lucratif des smartphones.

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