Vente Saint Laurent-Bergé: l'acheteur des bronzes chinois refuse de payer

E24 avec AFP

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Un collectionneur d'art chinois a créé la surprise lundi 2 mars en annonçant avoir acheté les deux bronzes chinois vendus la semaine dernière lors de la dispersion de la collection

Yves Saint Laurent-Pierre Bergé
, tout en affirmant ne pas vouloir payer. Cette annonce représente un coup de théâtre dans la
saga
des têtes de rat et de lapin pillées il y a près de 150 ans au Palais d'été de Pékin par les troupes franco-britanniques et devenues le symbole de l'humiliation coloniale de la Chine, qui en réclamait la restitution.

"Je crois que n'importe quel Chinois se serait levé à ce moment précis... J'essaie de tout faire pour faire face à mes responsabilités", a dit, lisant un communiqué, l'acheteur, Cai Mingchao, lors d'une conférence de presse à Pékin. "Mais je dois souligner que l'argent ne peut pas être versé", a ajouté Cai Mingchao, qui dirige une maison d'enchères basée à Xiamen. Cai Mingchao est connu sur le marché de l'art. En 2006, il avait acheté pour près de 15 millions de dollars une statue de Boudhha de l'époque Ming, lors d'enchères à Hong Kong.

"Depuis que la vente a eu lieu, il y a eu beaucoup de spéculations pour savoir qui était l'acheteur, j'annonce que l'acheteur est un Chinois qui doit être admiré", a indiqué pour sa part Niu Xianfeng, directeur adjoint du Fonds du patrimoine national de Chine, un organisme semi-gouvernemental qui tente depuis 2002 de récupérer des oeuvres d'art pillées et cosigne le communiqué. Les deux hommes ont réfusé de répondre aux questions, renvoyant au texte. Mais le communiqué ne précise pas si Cai Mingchao refuse de payer parce qu'il ne dispose pas de l'argent ou pour une question de principe.

Selon une dépêche en anglais de l'agence Chine Nouvelle (organe officiel du régime), citant Niu Xianfeng, le Fonds et Cai Mingchao ont agi ensemble pour saboter la vente. "Le Fonds a été soumis à une grosse pression pour participer aux enchères, mais cela a été une démarche exceptionnelle dans une situation exceptionnelle, qui a réussi à arrêter la vente", a-t-il expliqué. Ajoutant à la confusion, Chine Nouvelle, sur son service en chinois, laisse entendre que l'argent pourrait être versé.

Selon le site internet de Christie's, l'acheteur dispose de sept jours pour verser l'argent. A Londres, la maison d'enchères s'est refusée à tout commentaire. De son côté Pierre Bergé a indiqué qu'il garderait les deux bronzes chinois réclamés par Pékin, au cas où se confirmait la rétractation de leur acquéreur, un collectionneur chinois. Au lendemain de la vente, le gouvernement chinois avait fait part de son courroux, accusant Christie's d'avoir vendu à plusieurs reprises des oeuvres chinoises pillées. Le gouvernement chinois réclame leur retour mais refuse de payer.