Le BTP résiste à la crise

Marion Lippmann

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Didier Ridoret, président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), se veut optimiste quant à la conjoncture du BTP pour les mois et années à venir. Certes, l'activité du secteur a chuté de 5,1% en volume au premier semestre 2009. La situation n'est pas pour autant catastrophique.

La crise n'a affecté le secteur qu'à partir de fin 2008, et la reprise pourrait être un peu plus tardive que dans d'autres domaines. Mais, déjà, "la meilleure orientation des indicateurs avancés du secteur, notamment grâce aux mesures de relance, permettent quelques espoirs pour la fin 2009 et le début 2010", affirme ainsi le président de la FFB.

Plan de relance

Comment expliquer la résistance de ce secteur? Selon le président de la FFB, plusieurs facteurs expliquent la relative bonne santé du BTP: un maintien du carnet de commandes, l'importance des mesures gouvernementales en faveur du logement, ainsi qu'une relativement bonne solvabilité des clients.

Surtout, le Plan de relance a profité au BTP. Didier Ridoret a notamment insisté sur le rôle des contrats de partenariats public-privé, des éco-prêts à taux zéro (en faveur de l'efficacité énergétique du logement) ainsi que des grands chantiers de rénovation du patrimoine.

En revanche, d'autres mesures ont été néfastes, a tenu à rappeler le président de la Fédération. Comme le statut ultra-simplifié de l'auto-entrepreneur. Instauré par la Loi de Modernisation de l'Economie (LME), "ce nouveau statut crée une distorsion de la concurrence entre ceux qui en bénéficient et les artisans. Nous voulons son retrait dans le secteur du bâtiment", a-t-il ajouté.

Les effets de la crise

Côté chiffres, l'activité du secteur a reculé de 5 à 10% en valeur sur le premier semestre, selon les estimations de la FFB. C'est sévère, mais moins que dans d'autres secteurs, comme l'automobile. D'autre part, lorsqu'en 2008, 368.000 mises en chantiers ont été comptabilisées, Didier Ridoret estime qu'elles s'élèveront en 2009 entre 340 à 380.000, ce qui est plutôt positif. Enfin, si les défaillances d'entreprises de construction sont en hausse (+13,3% début 2009 par rapport à début 2008), cette hausse est moins forte que celles enregistrées aux mêmes périodes en 2007 et 2008.

L'emploi

La bonne tenue de ces indicateurs expliquent en partie pourquoi les chiffres de l'emploi dans le secteur ont mieux résisté que prévu. Le bâtiment a perdu 47.700 emplois en solde net au deuxième trimestre 2009 par rapport à la même période en 2008. L'intérim (-25.400 postes), qui devrait néanmoins rebondir au deuxième trimestre, et l'effectif salarié (-22.300 emplois) se partagent les dégâts. Le bâtiment a perdu 36.600 emplois entre les premiers semestres 2008 et 2009. Très loin des 180.000 prédis par certains Cassandres au début de la crise.