Le gouvernement cherche à éviter une crise du crédit immobilier

Thibaud Vadjoux

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Le marché des prêts immobiliers a perdu 12% de ses clients en un an, selon une étude de l’Observatoire du crédit aux ménages (crée par les banques). En 2008, 1,29 millions de ménages ont souscrit un prêt immobilier contre 1,48 millions en 2007. Le recul a été très prononcé sur les derniers mois de l'année. L'attentisme des ménages domine car pour beaucoup la situation économique n'incite pas à investir.

Pour ceux qui ont déjà souscrits un prêt et dont ce risque est très concrêt, deux mesures ont été annoncées, mardi 3 mars, par Christine Lagarde, ministre de l’Economie et Christine Boutin, ministre du Logement, afin "d'anticiper" les possibles difficultés liées au crédit. Car pour l'instant, ni les banques ni Bercy ne peuvent faire état d'une augmentation du risque de défaut et des dossiers en souffrance.

A l'issue de la réunion avec les dirigeants des 6 principaux réseaux bancaires au ministère de l'Economie, les banques se sont d'abord engagées à ne pas être trop ferme avec les clients de prêts relais et ceux qui connaissent des difficultés de remboursement de leurs prêts immobiliers liés à une perte d'emploi ou de revenu.

"Les banques ont pris l’engagement de n’appliquer aucune pénalité au client dont la durée initiale du prêt relais serait allongée ou dont les échéances de ce même prêt seraient reportées pour faciliter le dénouement d’une opération d’achat revente", précise le communiqué du ministère. Pour les emprunteurs en prise à du chômage partiel ou licenciés, les banques se sont là aussi engagées à regarder les dossiers au cas par cas et chercher toutes les solutions possibles de report ou modulations du remboursement.

La deuxième mesure concerne les propriétaires-occupants. "L’exonération des plus-values réalisées lors de la cession d’une résidence principale restera acquise pendant une durée de deux ans (2009-2010) à compter de la mise en vente, lorsque l’immeuble a été occupé par le cédant jusqu’à la mise en vente. Mais il ne faudra pas que l’immeuble ait été donné en location ou occupé gratuitement par des membres de la famille du propriétaire ou des tiers", poursuit le communiqué.

Ces mesures permettent-elles aux banques de réaliser une opération de re-séduction auprès de leurs clients? Pour Ariane Obolensky, directrice de la Fédération Bancaire de France, "notre souci n'est pas de redorer notre image mais de fidéliser nos clients. Et cela passe par le crédit immobilier qui est souvent la pierre angulaire de nos relations clients. Dans les réseaux, nous devons faire face à une baisse frappante des demandes de crédits immobiliers, c'est là notre problème." Les taux des crédits immobiliers ont nettement reculé les derniers mois sans produire de résultats. Comme le confirme les chiffres de l'Observatoire du crédit aux ménages, les demandes de prêts sont en panne.