DSK veut accroître les pouvoirs du FMI

Catherine Vincent avec AFP

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Le Fonds monétaire international a publié dimanche 9 novembre une lettre dans laquelle son directeur général Dominique Strauss-Kahn demande aux chefs d'Etat du G20 de repenser la régulation financière mondiale. Avec un rôle prépondérant pour le FMI.

"La conception de la régulation financière exige d'être repensée, y compris pour couvrir des domaines qui ont été laissés de côté, en bâtissant sur le travail déjà accompli par le Forum de stabilité financière" (ministères des Finances, banques centrales et autorités de régulation financière de 12 pays, plus quelques institutions internationales), a affirmé Strauss-Kahn dans cette lettre datée de jeudi. Il avait prévenu qu'il tiendrait cette position en vue du sommet du G20.

Supervision du FMI

Selon lui, la régulation financière reste du ressort des Etats dont l'action serait ensuite supervisée par une institution comme le FMI. "La crise a souligné l'importance de soumettre la mise en oeuvre (de la régulation) en dernier ressort par les autorités nationales à la surveillance d'un corps ou d'un réseau d'institutions attentif aux implications systémiques à travers les instruments financiers, les marchés et les pays", a-t-il poursuivi.

Le dirigeant plaide pour l'attribution d'un rôle central à l'institution du Fonds Monétaire International basée à Washington.

Coordonner les alertes

"Tout système d'alerte précoce pour détecter les dangers imminents pour l'économie mondiale doit trouver une façon d'accorder la dispersion de l'expertise financière internationale et nationale. Nous, au Fonds, avons déjà entrepris d'intensifier nos capacités d'avertir en amont et allons renforcer notre collaboration avec d'autres impliqués dans ce domaine", selon Strauss-Kahn.

Une idée française

Faire du FMI "la principale organisation en charge de la stabilité" financière mondiale, c'est aussi ce que propose la présidence française de l'Union européenne, selon un texte présenté aux dirigeants européens vendredi 7 novembre. Dans ce document, la France préconise, pour "renforcer l'architecture financière actuelle" et donner "une impulsion politique dans la mise en oeuvre des actions", de "faire du FMI la principale organisation en charge de la stabilité financière mondiale". La plupart des Européens veulent en fait transformer le Fonds monétaire international en une sorte de super-gendarme de la finance mondiale.

Le G20 s'est engagé dimanche à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour faire face à la crise financière et à accorder une plus grande voix aux pays émergents dans la nouvelle gouvernance économique mondiale, sans toutefois annoncer de mesure spécifique, à l'issue d'une réunion de deux jours à Sao Paulo. Le groupe doit de nouveau se réunir à Washington vendredi et samedi.