Tout sur le prix du billet de cinéma

Guillaume Guichard

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Trop cher, bon marché, ou au contraire pas assez cher… Quel que soit le jugement porté sur le prix du ticket de cinéma, une chose est sûre: les recettes aux guichets sont divisées entre un grand nombre d'acteurs. E24 décortique le prix du ticket de cinéma (source: Bilan annuel 2008 du Centre national de la cinématographie).

- TVA, 5,30%. Le cinéma bénéficie d'un taux de TVA réduit, qui a rapporté 60,37 millions d'euros à l'Etat en 2008.

- "Taxe spéciale additionnelle" (TSA), 10,72%, soit 122,12 millions d'euros au titre de 2008. Cette taxe est une spécificité française. Elle alimente un fonds qui permet au CNC de soutenir les nouveaux films et les exploitants de salles. Ce système vise à favoriser la diversité du cinéma français et les aides sont accordées pour une part automatiquement, pour une autre part en fonction de la qualité du projet.

- Sacem, 1,27%. La société des auteurs-compositeurs et éditeurs de musique a perçu 14,47 millions d'euros au titre des droits d'auteurs portant sur la musique utilisée dans les films.

- Les exploitants de salle de cinéma, 42,27%. Soit 481,6 millions d'euros en 2008. Mais cette part est variable. Elle dépend des accords signés avec les producteurs et les distributeurs.

- Les producteurs et les distributeurs, 40,44%. Ces derniers ont perçu 460,81 millions d'euros en 2008. Dans un autre rapport datant de 2008, le CNC estimait que le distributeur touchait pour sa part 2,42 euros sur chaque entrée payante, sur une recette moyenne totale de 5,95 euros. "L’encaissement moyen du distributeur par entrée d’un film français (2,39 € en 2007) est légèrement inférieur à celui d’un film américain (2,47 € en 2007) et généralement supérieur à celui d’un film européen (2,36 € en 2007)", précise le CNC.

A quel titre les producteurs reçoivent-ils un pourcentage des recettes du film? Ils "sont des entrepreneurs qui engagent un ou plusieurs auteurs pour développer un scénario, prennent en charge la fabrication du film qui sera éventuellement réalisé et assurent sa commercialisation", explique René Bonnell dans un rapport du CNC de décembre 2008. En d'autres mots, en assurant le financement du film, ils supportent une grande partie du risque financier.

- Les acteurs. Outre leurs cachets et salaires, les interprètes touchent un pourcentage des recettes versé par le producteur. Six mois après la sortie en salle du film, le producteur est en effet "tenu de verser, s'il y a lieu, un complément de rémunération destiné aux artistes interprètes, fixé à 2% des recettes nettes d'exploitation perçues par le producteur après amortissement du coût du film", explique René Bonnell. La somme est ensuite répartie par un organisme au prorata des cachets touchés par les acteurs.

- Les auteurs (réalisateurs, scénaristes). "Les auteurs reçoivent une rémunération proportionnelle aux recettes salles nettes de TVA et de TSA", explique le CNC. "Cette rémunération peut s’accompagner d’un pourcentage supplémentaire après amortissement du coût du film négocié entre les parties".

Les autres parties prenantes à la réalisation d'un film ne sont pas rémunérées en fonction des entrées. Par exemple, le producteur délégué reçoit une rémunération égale, en général, à 5% du coût du film.

Alors, toujours trop cher, la place de ciné?