Plombée par les pertes, RBS réduit la voilure

Julien Beauvieux avec AFP

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Royal Bank of Scotland (RBS) a accusé en 2008 une perte historique de 24 milliards de livres sterling l'an dernier, après un bénéfice net de 6,8 milliards en 2007. La banque a annoncé plusieurs mesures de restructurations et a conclu un nouvel accord de sauvetage avec le gouvernement britannique.

Les comptes du groupe ont été plombés par des charges de 16,2 milliards de dépréciations après l'acquisition ruineuse de la banque néerlandaise ABN Amro en 2007 et de 6,1 milliards de livres pour refléter les effets de la crise du crédit, selon un communiqué. Retraité de ces dépréciations, les comptes de la banque sont dans le rouge à hauteur de 7,9 milliards de livres.

Le produit net bancaire de RBS chute de 34%, à 21,2 milliards de livres, pénalisé par les revenus hors intérêts sur crédits.

Afin d'assainir son bilan, RBS a par ailleurs confirmé qu'elle va se séparer de quelque 540 milliards de livres d'actifs dans les 3 à 5 ans. Ces actifs seront placés dans une filiale ad hoc, qui sera constituée au deuxième trimestre 2009.

La banque va également lancer un plan de restructuration prévoyant d'économiser plus de 2,5 milliards de livres d'ici 2011. Ce plan "va impliquer une large gamme de mesures de restructurations et, malheureusement, des suppressions d'emploi", explique le groupe.

Désormais détenue à 70% par l'Etat, RBS a finalisé un accord avec le gouvernement britannique qui va lui permettre de bénéficier de son plan d'assurance contre les pertes liées aux actifs bancaires "toxiques". RBS va pouvoir assurer auprès de l'Etat quelque 325 milliards de livres d'actifs risqués, dont le gouvernement couvrira les pertes à hauteur de 90% (au-delà d'une franchise de 19 milliards qui restera à la charge de la banque), à compter de cette année.

En contrepartie, RBS lui paiera une prime de 6,5 milliards de livres par an, qui sera financée par l'émission d'actions préférentielles. Le gouvernement britannique va également lui apporter 13 milliards de livres de capitaux, via l'émission par RBS d'actions spéciales, et dispose d'une option sur 6 milliards supplémentaires, selon un communiqué du groupe. L'ensemble de ces titres ne fera pas augmenter la participation étatique au-delà de 75% du capital, et n'aboutiront donc pas à une nationalisation totale de RBS.

En échange de ces aides, RBS s'est engagée à augmenter ses prêts aux ménages et aux entreprises britanniques de 25 milliards de livres sur les 12 prochains mois.