200 milliards à investir

Jocelyn Jovène

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Le protectionnisme n'est pas forcément une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Pour le fonds souverain chinois China Investment Corp. basé à Hong-Kong, cela lui a même évité de perdre de l'argent.

Selon son président, ce fonds dispose aujourd'hui de 200 milliards de dollars pour prendre des participations dans des entreprises étrangères et regarde à nouveau certaines régions du monde, comme l'Europe. CIC a été relativement épargné par la crise. La raison est qu'en 2007, les Européens avaient imposé des restrictions aux prises de participations (moins de 10% du capital ou restriction des droits de vote). Ce regain de protectionnisme avait incité le fonds souverain chinois à limiter ses prises de participations à l'étranger, ce qui s'est avéré être une bonne affaire.

"Je veux remercier ces protectionnistes financiers, car nous n'avons pas investi un centime en Europe", a déclaré le président du CIC, lors du forum Boao sur l'Asie. Lou Jiwei a estimé que les restrictions appliquées depuis 2007 aux investissements de la Chine dans les entreprises étaient inacceptables. Mais depuis leur retrait, le fonds souverain voit de nouvelles opportunités d'investissement. "Nous envisageons sérieusement de faire des investissements décisifs et prudents à l'étranger cette année, y compris en Europe", a déclaré le président du CIC.

En 2007, CIC a pris des participations dans la banque Morgan Stanley, ainsi que dans le fonds d'investissement Blackstone Group LP. Leur cours de Bourse s'est effondré depuis cette date. Mais le fonds souverain aurait placé une partie de son argent dans des produits financiers plus sûrs, ce qui lui aurait permis de préserver une partie de son capital malgré l'effondrement des marchés financiers l'an dernier. CIC serait l'un des fonds souverains ayant le moins souffert de la crise, selon le Wall Street Journal. D'où peut-être le ton victorieux de son président.