Le gouvernement allemand et GM négocient le cas d'Opel

A.-S. G. avec AFP

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Pour Berlin, le problème d'Opel, c'est General Motors. Le gouvernement allemand, lui, est en effet prêt à sauver le constructeur automobile, mais à certaines conditions. Une en particulier: une plus grande autonomie d'Opel pour s'assurer que les prêts ne bénéficieront pas immédiatement à la maison-mère américaine, au plus mal financièrement.

Pris à la gorge, General Motors est prêt à faire des compromis. Selon le ministre allemand de l'Economie , il pourrait se contenter d'une part minoritaire dans le capital de sa filiale allemande. Karl-Theodor zu Guttenberg, qui s'exprimait à la télévision publique ARD, la discussion avec les dirigeants américains a permis de faire "un pas important" en avant au sens où les parties ont cessé de se reporter la faute l'un sur l'autre et ont montré leur volonté de trouver une solution d'avenir pour Opel. "Nous avons eu une bonne discussion, très ouverte", a-t-il dit.

Opel réclame 3,3 milliards d'euros à l'Etat allemand pour être sauvé de la faillite dans le cadre d'un plan de sauvetage présenté fin février, qui prévoit aussi une plus grande autonomie vis-à-vis de la maison mère de Detroit. Le gouvernement allemand l'avait toutefois jugé trop flou. Il s'est donné "plusieurs semaines" pour décider d'une éventuelle aide à Opel, qui emploie près de 26.000 personnes en Allemagne et 50.000 en Europe.

Après avoir rencontré son homologue américain Tim Geithner, Karl-Theodor zu Guttenberg a indiqué à la presse que "le rayon d'espoir pour Opel était devenu un peu plus lumineux", même si les propositions du groupe américain pour sa filiale allemande restaient encore trop vagues à son goût. "Nous avons fait des progrès considérables en direction des uns et des autres", mais il reste encore de très nombreux points à régler avant de pouvoir parler de percée dans les négociations, a-t-il noté.

Le ministre a notamment mentionné le sort des brevets du groupe allemand ou de ses bâtiments que General Motors a apporté en garantie à Washington pour obtenir un premier soutien financier de l'Etat américain. Le ministre a précisé que son adjoint, le secrétaire d'Etat Jochen Homann, allait mener à l'avenir directement les discussions sur Opel avec les autorités américaines.