Une Bugatti estimée trois millions d'euros et des poussières

Guillaume Guichard

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Coupé deux place; état d'origine; 25.000 kilomètres au compteur. Prix 3 millions d'euros. A débattre. Telle pourrait être la petite annonce pour la vente aux enchères de la Bugatti Type 57S dite "Atalante" de 1937, lors du salon Retromobile de Paris le 7 février prochain. Un évènement exceptionnel dans le monde des collectionneurs d'antiquités. En plus, c'est une "sortie de garage". Autrement dit, le véhicule de collection a été exhumé d'un garage de Newcastle (Royaume-Uni) après y avoir passé les 50 dernières années à prendre la poussière.

Sa réapparition est une surprise: seule une poignée d'initiés se souvenait de son existence. Une bonne nouvelle: il ne reste que 17 voitures au monde de ce modèle et elle est la seule qui présente châssis, moteur et carrosserie entièrement d’origine. Tout cela, alors que "le marché est asséché du fait qu’un cinquième de la production se trouve au Musée National de l’Automobile de Mulhouse", souligne Bonhams, maison de ventes aux enchères anglaise responsable de la vente de la fameuse Bugatti.

La valeur de ce modèle n'est pas seulement due à son extrême rareté. La Bugatti 57S Atalante est en effet présenté comme un modèle d'exception. Elle a d'abord un pedigree de compétition, ayant battu de nombreux records de vitesses et remporté des Grands Prix à la fin des années 30. Ses courbes élégantes ont aussi fait tourner la tête des plus grands collectionneurs. Ralph Lauren qui en possède une.

La vente aux enchères de cette Bugatti a donc tout pour atteindre des sommets. "Une voiture du même modèle, mais restaurée (donc de moindre valeur, ndlr), a été adjugée 7 millions de dollars le 15 août dernier aux Etats-Unis", rappelle une porte-parole de Bonhams. La 57S Atalante en état d'origine dépassera-t-elle cette somme? La maison de ventes aux enchères l'espère, mais admet qu'avec l'éclatement de la crise financière, "le contexte a changé".