Le rôle d'Henry Paulson pendant la crise financière en question

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Henry Paulson, qui était PDG de Goldman Sachs avant d'être nommé par George Bush secrétaire au Trésor, a-t-il enfreint les règles basiques d'éthique lors du sauvetage de l'industrie financière américaine ?

C'est une question qui lui a été posé mi-juillet lors de son audition devant le congrès américain, par le sénateur Cliff Stearns. Ce dernier lui demandait notamment s'il était conscient de tout conflit d'intérêt au moment où Henry Paulson était intervenu pour apporter des milliards de dollars d'aide au secteur financier, dont une partie est allée à son ancien employeur. "J'ai agi en respectant le code d'éthique lorsque j'étais secrétaire au Trésor" a affirmé Henry Paulson.

Pourtant, selon le New York Times, Henry Paulson, a eu beaucoup plus d'échanges téléphoniques avec les dirigeants de Goldman Sachs que d'autres banques alors qu'il discutait des moyens de sortir l'industrie bancaire américaine de l'une des plus graves crises de son histoire.

"Au cours du seul sauvetage d'AIG, M. Paulson et M. Blankfein [PDG de Goldman Sachs, NDLR] se sont parlés deux douzaine de fois au téléphone, soit bien plus fréquemment que lorsque M. Paulson échangeait avec les autres dirigeants de Wall Street", écrit le quotidien.

L'ancien secrétaire au Trésor américain s'est défendu de tout favoritisme, selon une porte-parole citée par l'agence Reuters. Cette nouvelle affaire survient en plein débat sur les bonus versés aux dirigeants de banques. Fin juillet, un rapport du procureur de l'Etat de New-York, Andrew Cuomo, révélait que ces dernières ont distribué 33 milliards de dollars de bonus, alors que nombres d'entre elles étaient en pertes et recevaient de gigantesques aides du gouvernement américain.

Henry Paulson avait par ailleurs demandé à ses conseils juridiques d'obtenir une dérogation pour pouvoir avoir des contacts avec son ancien employeur. Cette dérogation a été obtenue le 17 septembre 2008, soit après le sauvetage d'AIG et après la faillite de Lehman Brothers et le rachat de Merrill Lynch par Bank of America (deux opérations survenues dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 septembre).

Pour Cliff Stearns, il y a eu conflit d'intérêt. "L'obtention de la dérogation lui a permis de se couvrir, mais il savait qu'il y avait conflit d'intérêt pendant ses coups de téléphones et les mesures qu'il a prises", a-t-il affirmé au quotidien.

Goldman Sachs est l'une des rares banques à être sortie quasi-indemnes de la crise, en affichant des résultats en hausse sensible au cours du premier semestre 2009. Pourtant, la banque a reçu une aide substantielle du gouvernement américain.

En sauvant AIG de la faillite, l'administration Bush a permis à la banque de recevoir 13 milliards de dollars. Son changement de statut lui a par ailleurs permis d'accéder aux facilités financières de la Réserve fédérale.

Une fois le pire de la crise passée, Goldman Sachs a été la première banque à rendre l'argent reçu du Trésor américain, permettant au contribuable américain de faire une bonne affaire.