JAL et la nouvelle gauche japonaise

Marion Lippmann avec AFP

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Seiji Maehara, le nouveau ministre des Transports japonais, a remis en cause jeudi les projets de restructuration de la première compagnie aérienne japonaise, Japan Airlines (JAL), qui avait reçu le soutien du précédent gouvernement japonais. Parce qu'elle bénéficie d'un soutien financier des pouvoirs publics, cette société privée a le devoir de rendre des comptes à l'Etat, a-t-il déclaré.

La compagnie aérienne, qui a beaucoup souffert de la crise, avait annoncé mardi un plan de restructuration prévoyant la suppression de 6.800 emplois, sur un effectif total de 48.000 salariés. Ce plan de restructuration est réexaminé par le ministre, qui estime que les personnes qui ont pris ces décisions sont des "personnes réunies par le pouvoir libéral démocrate antérieur, et nous allons revenir au point de départ".

M. Maehara, issu du Parti démocrate du Japon (PDJ), vainqueur des élections législatives du 30 août, a ajouté qu'il voulait "juger, en consultant également les professionnels de la finance, si le plan de restructuration peut réellement être mis en œuvre et si le redressement est ainsi possible". En outre, il prévoit de liquider le panel d'experts mandaté par son prédécesseur, qui devait donner son avis sur le projet de réorganisation pour en élaborer une version définitive avant la fin du mois.

Cette nouvelle stratégie intervient alors que l'équipe gouvernementale, au pouvoir depuis mercredi, entend bien traduire sa volonté de rupture par des actes concrets. Elle refuse notamment de laisser les gradés de l'administration et les spécialistes extérieurs prendre des décisions à la place des élus, remettant en cause le fonctionnement qui, selon elle, prévalait auparavant.