Campari veut se renforcer aux Etats-Unis

Anne-Sophie Galliano

— 

344 millions d'euros pour Wild Turkey: la plus grosse acquisition de Campari. Le groupe de vins et spiritueux italien a mis le prix pour mettre la main sur le bourbon de Pernod Ricard. Il a payé "12 fois l'Ebitda attendu pour les 12 prochains mois suivant la finalisation du deal", précise Campari dans un communiqué.

Pour lui, c'est une aubaine. Très présent sur son marché domestique italien (41,1% de son chiffre d'affaires), il doit chercher de la croissance hors de ses frontières. Wild Turkey, et la liqueur Honey, devrait lui permettre d'asseoir ses positions sur le continent américain, deuxième marché du groupe sur lequel il réalise 31,5% de ses ventes fin 2008. Se renforcer sur la zone est une de ses priorités, depuis 2002, il en est à la quatrième acquisition.

Le rachat de Wild Turkey va aussi le renforcer dans les marques haut de gamme. Mais ce n'est peut-être pas le meilleur moment dans la mesure où le marché est difficile aux Etats-Unis. Il y a six mois de stocks sur la zone ce qui bloque de nouvelles commandes par les distributeurs, reconnaît Pernod Ricard. Malgré tout, le marché reste bien orienté avec "une croissance des ventes en valeur de 2,3%" grâce à une augmentation des prix. Campari devra donc de profiter du positionnement haut de gamme de Wild Turkey pour générer du cash.

D'autant que financièrement cette acquisition va être difficile à digérer. L'italien est un acteur de taille moyenne dans le monde des vins et spiritueux, avec un chiffre d'affaires de 942,3 millions d'euros, pour un résultat net de 126,5 millions d'euros fin 2008. Toutefois, il profite des mouvements de consolidation des géants des secteurs obligés de revendre leurs marques secondaires pour se mettre en ligne avec les autorités de la concurrence. La période crée des occasions, il faut en profiter. Déjà en 2006, Campari avait racheté les whiskies Glen Grant, Old Smuggler et Braemer à Pernod Ricard pour 130 millions d'euros, quand le français avait mis la main sur Allied Domecq. Cette fois, il a profité de l'acquisition par Pernod Ricard de Vin & Spirit pour mettre la main sur la pépite du bourbon, Wild Turkey.