SABMiller est pessimiste pour le reste de l'année

A.-S. G.

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SABMiller, le brasseur britannique d'origine sud-africaine accuse le coup de la baisse de la consommation de bière. Sur son exercice clôturé le 31 mars 2009, il a publié une baisse de son bénéfice net de 7% à 1,8 milliard de dollars, pour un chiffre d'affaires en hausse de 6% à 25,3 milliards de dollars.

Les performances du brasseur sont disparates. En Amérique Latine, l'excédent brut d'exploitation (Ebita) ressort en hausse de 10% à 1,1 milliard de dollars en Amérique Latine, de 22% à 581 millions de dollars aux Etats-Unis, de 13% à 642 millions de dollars en Afrique et Asie. En revanche, en Europe, l'Ebita recule de 1% à 944 millions de dollars sur l'année.

SABMiller souffre et n'est pas franchement optimiste pour cette année. Il avoue "que les conditions économique et la baisse de la demande cette année laisse peu de visibilité pour datée une reprise". Dans ce contexte, un seul mot d'ordre, serrer les boulons.

Le poste visé en premier: les dépenses d'investissements. Ce poste est réduit de 30% à 1,5 milliard de dollars. "Les dépenses d'investissements tournaient autour de 9% du chiffre d'affaires ce qui était un niveau très élevé. Maintenant, les brasseurs visent 6% du chiffre d'affaires en moyenne", note un analyste.

Cette réduction des dépenses va permettre aux brasseurs d'augmenter leur trésorerie disponible afin de réduire leur dette. Une bonne nouvelle en somme pour le numéro deux mondial qui s'est endettée pour faire ses emplettes sur le marché. Dernière acquisition en date, la reprise, ce jour, de 28,1% de sa filiale polonaise Kompania Piwowarska détenue par le fonds Kulczyk. Pour SABMiller cette acquisition est stratégique, c'est l'activité "la plus grande et la plus profitable en Europe". En effet, Piwowarska est le plus gros brasseur polonais, avec une part de marché passée de 15% à 43% en dix ans. Le brasseur produit chaque année 15,1 millions d'hectolitres de bière.

Après cette acquisition, SABMiller, comme le leader mondial, ABInbev va devoir souffler un peu. Quoi que. Les marchés émergents restent un terrain de bataille entre brasseurs. La Russie et ses voisins, comme l'Ukraine, reste un territoire à conquérir. Heineken et Carlsberg, respectivement les numéros trois et quatre, pourraient profiter de la pause des deux leaders pour conquérir ces territoires.