Thomson négocie entre 300 et 600 millions d'euros avec le Fonds stratégique d'investissement

Catherine Vincent

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Pour sortir de ses difficultés, Thomson s'est tourné vers le Fonds stratégique d'investissement (FSI), le fonds souverain français créé le 20 novembre dernier par Nicolas Sarkozy. Selon nos informations, il négocierait une aide sous forme de prêt subordonné d'un montant compris entre 300 et 600 millions d'euros. "Ca se discute", a confirmé à E24 une source proche du dossier avant d'ajouter que les négociations avancent et pourraient être finalisée avant la fin du mois de mars. Thomson, contacté par E24, "ne fait pas de commentaire"

L'objectif serait, comme l'indiquait Le Figaro en décembre dernier, de sécuriser le capital de la division Technologie de Thomson détentrice de quelque 50.000 brevets, ce qui donne à l'entreprise son caractère stratégique. Car le FSI, arme anti-crise lancée le 23 octobre dernier par le Président de la République sous forme de filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, a pour but de soutenir les entreprises stratégiques françaises pendant la crise, et à long terme de consolider leur capital afin de les protéger contre d'éventuelles OPA hostiles. Il est doté de 20 milliards d'euros.

Les autres divisions du groupe Thomson sont loin d'être rentables. Avec une dette de 1,3 milliard d'euros et un titre en baisse de plus de 80% depuis le 1er janvier 2008, Thomson est dans une situation financière périlleuse. Le groupe a entamé en novembre une lourde restructuration. Les activités de transfert numérique cinématographique et de téléphonie résidentielle en Amérique du Nord ont déjà quitté le groupe en novembre.

Frédéric Rose, le directeur général arrivé début septembre 2008, l'a martelé: "nous n'optimisons pas assez nos actifs pour pouvoir générer des bénéfices et de la trésorerie. Ceci est ma priorité. Toutes nos activités doivent générer un chiffre d'affaires à contribution positive pour le groupe, et notre base de coûts sera ajustée en conséquence". En clair, Thomson doit "restructurer ses activités déficitaires ou les arrêter".

La restructuration est nécessaire pour Thomson, groupe caléidoscope, constitué d'activités disparates mais sans réelle cohérence. L'aide du Fonds stratégique ne suffira pas. Thomson devra aussi trouver d'autres solutions financières pour se remettre à flots. Et cette remise à flot sera cruciale dans l'examen par le Fonds stratégique d'investissement du dossier Thomson. Autrement dit: pas d'aide sans restructuration et pas de restructuration sans aide.