RBS supprime 9.000 emplois

J.J. avec agence

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Royal Bank of Scotland (RBS) dégraisse. Malgré sa présence dans le giron de l'Etat britannique, qui détient plus de 70% de son capital, la banque mal en point depuis le rachat de ABN Amro en 2007, va supprimer jusqu'à 9.000 emplois d'ici 2 ans, dont 4.500 au Royaume-Uni.

Le plan de suppression d'emplois devrait impliquer essentiellement des départs volontaires. Il concernera en priorité les activités de support, informatique et administration, regroupées dans une division baptisée "Group manufacturing", a indiqué la banque dans un communiqué.

A la fin de 2008, la division "Group manufacturing" employait 45.000 personnes dans le monde entier, dont 27.000 au Royaume-Uni. Les licenciements secs "ne seront appliqués qu'en dernier ressort", affirme RBS. Ces mesures devraient se traduire par une économie de l'ordre de 2,5 milliards de livres d'ici trois ans.

"Nous avons mis en place une nouvelle stratégie pour RBS qui consiste à remettre la banque sur pied le plus rapidement possible. Pour cela, nous souhaitons que le gouvernement puisse réaliser un profit sur son investissement dans RBS", a déclaré le directeur général de la banque Stephen Hester.

"Pour atteindre cet objectif, nous devons réduire nos coûts, comme dans toute autre entreprise, face à la récession actuelle. Malheureusement, cela signifie prendre des décisions difficiles sur les emplois et des mesures de réduction de coûts", a ajouté le dirigeant.

Des pertes record l'an dernier (24 milliards de livres), liées notamment à l'acquisition de la banque néerlandaise ABN Amro, ont poussé RBS à accepter un renflouement de plus de 20 milliards de livres de l'Etat britannique. Depuis mardi matin, ce dernier détient désormais 70,3% de ses parts, après une conversion des actions préférentielles de l'Etat en actions ordinaires.

La banque avait déjà annoncé un plan de 2.700 suppressions d'emplois au début de l'année et prévenu lors de sa dernière assemblée générale la semaine dernière que d'autres suppressions d'emplois étaient à prévoir.

Rob MacGregor, représentant du principal syndicat Unite, a qualifié l'annonce de "vraiment terrible". "Unite est horrifié que des milliers de gens, qui forment la colonne vertébrale des opérations de RBS, vont être licenciés", a-t-il déclaré.

L'annonce de ces suppressions d'emplois risque de relancer un peu plus la polémique sur la retraite dorée de 700.000 livres par an (760.000 euros) accordée à l'ancien directeur général Sir Goodwin, lors de son départ en octobre. Sir Fred Goodwin a approuvé l'appétit expansionniste de la banque qui a entraîné des pertes records et sa quasi-nationalisation.