Bank of America fragilisée par les poursuites

Jocelyn Jovène

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Déjà rétrogradé, Ken Lewis, le directeur général de Bank of America, va-t-il perdre sa place? C'est la question que se posent plusieurs experts au sujet de la banque de Charlotte, en Caroline du Nord.

"On arrive à un point où la banque est tellement occupée par ses batailles juridiques qu'elle ne peut pas se focaliser sur son activité", explique Tony Plath, professeur à l'UNC-Charlotte et observateur du secteur bancaire, à Reuters.

Convocation

La banque a indiqué lundi qu'elle enverrait deux de ses représentants rencontrer le député démocrate Edolphus Towns pour évoquer l'enquête du Congrès américain sur le rachat de Merrill Lynch.

La banque a fait l'objet d'une sommation du Congrès pour remettre les documents relatifs à cette acquisition et jugés nécessaires à la conduite de cette enquête. Mais elle n'a pu respecter les délais requis pour remettre ces documents.

Certains investisseurs s'inquiètent des suites de cette enquête ainsi que des risques juridiques qu'encourt Bank of America, pour avoir manqué de transparence au moment du rachat de Merrill Lynch. L'acquisition de la banque d'affaires avait conduit au versement précipité de 3,3 milliards de dollars de bonus.

Pertes

Présenté comme "une formidable opportunité" par Kenneth Lewis, cette acquisition s'est traduite pour Bank of America par de lourdes pertes, des aides massives du gouvernement américain et la chute de son cours de Bourse.

Lewis a été en partie sanctionné en perdant son titre de Président du conseil d'administration. Si elle regagne de l'argent, la banque n'est pas tirée d'affaires sur le plan judiciaire.

Une tentative d'accord à l'amiable avec le gendarme de la Bourse américaine, la SEC, a tourné court. Un juge de New-York a en effet annulé cet accord à l'amiable au motif qu'il n'est "ni juste, ni raisonnable, ni adéquat", et a décidé de fixer la date d'un procès au 1er février 2010.

Le procureur général de New York, Andrew Cuomo, qui s'est saisi de l'affaire des bonus de Wall Street, a cité à comparaître 5 administrateurs de Bank of America, pour découvrir ce que les dirigeants de la banque savaient réellement de la situation financière de Merrill Lynch au moment de son rachat.