Les banques sont "utiles" à la société

Jocelyn Jovène

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"Nous avons une utilité sociale", en aidant les entreprises à trouver des fonds pour se développer. "Les entreprises qui croient augmentent la richesse créée. Cela, en retour, permet au gens de trouver un travail et de créer plus de croissance et plus de richesse". Lloyd Blankfein, patron de Goldman Sachs et le dirigeant de banque le mieux payé de Wall Street, adopte une attitude plus offensive pour défendre son entreprise qu'il y a encore quelque mois.

La réussite de Goldman Sachs pendant la crise financière -même si elle est due en grande partie au soutien du gouvernement américain au secteur financier- devrait même satisfaire tout le monde, selon le dirigeant.

"Tout le monde devrait, franchement, être content", affirme-t-il dans un entretien publié dimanche par le Sunday Times. Selon Blankfein, la bonne santé de Goldman Sachs est un indicateur avancé de la reprise prochaine de l'économie. "Le système financier nous a précipité dans la crise et nous en fera sortir", ajoute le patron de la banque d'affaires.

Et pas question dans le contexte actuel de limiter les bonus ou les rémunérations de ses salariés, qui se dévouent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 à leurs actionnaires et aux clients de la banque. Même si cela irrite de nombreux hommes politiques et choque l'opinion publique.

Les salariés de Goldman Sachs sont très bien rémunérés , certes, mais cela se justifie par les très bonnes performances de la banque. Avoir trop d'ambition ou de succès ne peut donc faire l'objet d'une critique, même si cela a conduit le système financier au bord du gouffre.

"En tant que gardien des intérêts des actionnaires, et, au passage, dans les intérêts de la société civile, j'aimerais qu'ils [les salariés de Goldman Sachs] continuent ce qu'ils sont en train de faire. Je ne veux pas mettre de limite à leur ambition. Et il est difficile pour moi de défendre l'idée d'une limitation à leur rémunération", estime Lloyd Blankfein.

Comme l'ont montré les très bons résultats de la banque, on oublie tout de la crise et on recommence.