Podium des banques: BNP en tête

Julien Beauvieux

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En plus de la crise financière, les banques françaises pâtissent de la récession économique. Symptôme le plus saisissant, le coût du risque a plus que triplé pour BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et Natixis, à 5,2 milliards d'euros (voir tableau). Natixis est la plus touchée, avec une multiplication par 10 des sommes provisionnées pour prendre en compte les risques de défaillances des contreparties.

La filiale commune des Caisses d'épargne et des Banques Populaires a par ailleurs dû composer avec un produit net bancaire (PNB), l'équivalent pour les banques du chiffre d'affaires, en chute libre (-92,2%). "Le PNB est lourdement affecté par la structure de cantonnement GAPC", qui "du fait des portefeuilles qui la composent, supporte l’essentiel des impacts de la crise", explique le communiqué de Natixis, en référence au portefeuille de 56 milliards d'euros (31 milliards en actifs pondérés) isolé de ses comptes. Cet ensemble est destiné à être cédé par une équipe de gestion dédiée.

A l'opposé du spectre, BNP Paribas a enregistré une hausse de 28% de son produit net bancaire, "due à la bonne dynamique commerciale des métiers", explique l'établissement. Société Générale (-13,5%) et surtout Crédit Agricole (-1,2%) font mieux que résister dans un contexte pourtant peu porteur tant pour les activités de marché, de gestion d'actifs que de banque commerciale.

Ces évolutions entérinent le palmarès du premier trimestre. Tant en termes de résultat brut d'exploitation (+2,6%) que de résultat net part du groupe (-21,4%), BNP Paribas se hisse en première position. Malgré la résistance de son PNB et une hausse du coût du risque relativement modérée, Crédit Agricole a vu son résultat brut d'exploitation baisser en territoire légèrement négatif (-2 millions d'euros). Mais la banque verte a réussi à dégager un bénéfice de 202 millions d'euros (-77%), grâce à la résistance du résultat des sociétés mises en équivalence, qui ont dégagé 321 millions d'euros (-6,4%). Cette manne intègre notamment "la contribution des Caisses régionales, à hauteur de 265 millions d'euros, reflétant la bonne résistance du marché français en banque de proximité", explique un communiqué.

Société Générale arrive en troisième position. La banque a été notamment plombée par le résultat brut d'exploitation en berne de ses branches Services financiers (-68,3%) et Réseaux Internationaux (-48,4%), ces derniers ayant notamment été impacté par la hausse du coût du risque dans les pays de l'est (Russie, République Tchèque). Le résultat brut d'exploitation de Société Générale plonge dans le rouge de 218 millions d'euros, pour une perte nette de 278 millions d'euros.

Natixis reste empêtrée dans les difficultés, en grande partie à cause du GAPC. Retraité des résultats de ce portefeuille, le résultat net chute tout de même de 71%, à 105 millions d'euros. Ces retraitements restent cependant purement comptables: en difficulté depuis son introduction en Bourse en 2006, le titre a perdu plus de 80% de sa valeur depuis le 2 janvier 2008.

Synthèse des résultats du premier trimestre 2009

Source: comptes trimestriels des sociétés