Remboursement de l’Etat : le Crédit Agricole se démarque

— 

Et de trois. Crédit Agricole est le troisième établissement à rembourser les aides de l’Etat en un peu moins de deux semaines. Depuis la fin septembre, BNP Paribas puis Société Générale ont annoncé des augmentations de capital pour rembourser l’Etat français, profitant de la remontée de leur cours de Bourse.

La première a annoncé une augmentation de capital de 4,3 milliards d’euros, afin de rendre 5,1 milliards d’euros à l’Etat. Société Générale prévoit de lever 4,8 milliards d’euros pour rendre 3,4 milliards d’euros. Selon l’agence Reuters, le placement de titres BNP Paribas, effectué à 40 euros par titre, se déroulerait mieux que celui de la Société Générale, car il ne représenterait que 7% de la capitalisation boursière de la banque, contre 17% pour SocGen, et serait donc plus facile à digérer par le marché.

"Le timing de l'augmentation de capital (de BNP Paribas) a été excellent et ils ont su tirer profit de marchés porteurs. La Société générale par contre doit faire face à un environnement de marché plus hésitant", explique un gérant de portefeuille cité par Reuters.

Crédit Agricole a émis de son côté 850 millions de dollars de titres super subordonnés en juin, montant porté à 1,35 milliard de dollars. Les titres ont été acquis principalement par des banques privées en Europe et en Asie, selon l’agence Dow Jones. L’établissement a lancé une obligation perpétuelle super subordonnée de 1 milliard de dollars destinée à des investisseurs institutionnels américains.

Crédit Agricole est suivi par une autre banque mutuelle, BPCE, qui a annoncé lundi le lancement d’une émission de titres super subordonnés pour rendre une partie des 4 milliards d’euros reçus de l’Etat.

Le gouvernement français avait engagé 21 milliards d’euros fin 2008 et début 2010 pour soutenir la solvabilité des principaux établissements bancaires français. L’Etat a également pris une participation au capital de Dexia, au côté des pouvoirs publics belges et luxembourgeois, pour sauver le groupe franco-belge de la faillite.