Les voitures de luxe moins chères à Londres

Guillaume Guichard

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Vous voulez économiser 15 à 30% sur le prix d'achat d'un Bentley, d'une Aston Martin ou d'une Porsche? Rien de plus simple. Il vous suffit de traverser la Manche. Depuis quelques semaines, le taux de change euro/livre permet aux continentaux de faire avantageusement leurs emplettes chez les concessionnaires londoniens. L'euro s'est apprécié de 20% en an face à la monnaie britannique et de 14% sur ces trois derniers mois seulement.

Résultat, "une Bentley (environ 250.000 euros neuve, ndlr) vaut 50.000 euros de moins à Londres qu'à Paris, seulement parce que la monnaie unique est au plus haut", vante Koert Titulaer, directeur d'Import Marques, concessionnaire britannique spécialisé dans l'import-export de voitures haut de gamme. Une aubaine pour lui, ses commandes ont été multipliés par près de quatre depuis le début de l'année: "nous avons écoulé 35 véhicules par semaine, contre une dizaine habituellement", se félicite-t-il. Les acheteurs viennent surtout d'Allemagne, de Belgique et de France.

Pour les clients continentaux, acheter sa voiture de luxe outre-manche représente-t-il vraiment une affaire? Au prix hors taxe pratiqué par les concessionnaires britanniques, il faut ajouter la TVA française de 19,6% une fois la voiture ramenée sur le territoire, ce qui représente 39.200 euros pour une voiture coûtant 200.000 euros. Une somme à retrancher du gain de 50.0000 euros vanté par les concessionnaires britanniques. Ensuite, il faut aussi prendre en compte le prix du rapatriement de la voiture. Même si cela peut représenter une broutille par rapport au prix de la voiture: un aller simple avec véhicule par le tunnel sous la Manche coûte environ 200 euros (tarif FlexiPlus).

Trop pressés de profiter de la baisse actuelle de la livre, les continentaux oublient un détail: la volatilité des taux de change. "Une Bentley, c'est six mois de délais: il faut être joueur et ne pas avoir peur d'un retournement des taux de change entre le moment où vous la commandez et le moment ou vous devrez payer les traites", prévient Sébastien Henry, directeur de la concession Bentley Paris VPM, à Neuilly sur Seine. Et de rappeler qu'il y a un peu plus d'un an, la situation inverse prévalait: les Anglais venaient acheter leur Bentley en France.