Bank of America table sur un bénéfice de 50 milliards en 2009

D.H. avec AFP

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Le PDG de Bank of America Kenneth Lewis a annoncé jeudi 12 mars qu'il tablait cette année sur un bénéfice, avant provisions, dépréciations et impôts, qu'il a chiffré à 50 milliards de dollars, sur un produit net bancaire de 100 milliards de dollars. "Ce genre de marge peut résoudre beaucoup de problèmes, avec du temps et une amélioration de l'économie américaine", a-t-il déclaré, lors d'un discours prononcé devant des hommes d'affaires de Boston.

Cette prévision de Kenneth Lewis ne donne cependant qu'une indication partielle sur la performance future de Bank of America, qui aurait été bénéficiaire au quatrième trimestre si elle n'avait pas provisionné 2,1 milliards de dollars pour créances douteuses ni passé par pertes et profits 5,5 milliards de créances irrécupérables.

Or la banque avait finalement publié une perte nette de 1,7 milliard de dollars sur le trimestre, et un bénéfice net de 4 milliards sur tout 2008. En janvier, Kenneth Lewis avait indiqué qu'il envisageait de nouvelles pertes "supérieures ou égales" à celles de la fin 2008 pendant encore plusieurs trimestres, en raison de nouvelles pertes sur ses activités de prêts.

En début de semaine, le directeur général de Citigroup, Vikram Pandit, avait pour sa part annoncé que son établissement avait été "profitable" en janvier et février, sans préciser s'il incluait ou non les éléments exceptionnels, provoquant une bouffée d'optimisme sur les Bourses mondiales. le PDG de Bank of America a par ailleurs répété une nouvelle fois qu'il ne pensait pas avoir besoin de fonds publics supplémentaires, tout en estimant "possible" que le gouvernement l'oblige à en accepter à l'issue du résultat de "test de résistance" que le Trésor entend faire passer à toutes les banques. "Mais je suis sûr que nous réussirons" ce test, a-t-il assuré.

Kenneth Lewis, comme M. Pandit avant lui, a exprimé sa déception devant la performance boursière de Bank of America, qui a perdu 87% de sa valeur en un an. "Je ne suis pas de ceux qui mettent en cause les jugements de la Bourse, mais je crois qu'il y a des périodes où le marché fonde son jugement sur des fondamentaux économiques et d'entreprise, et des périodes où il se fond sur la quête du profit ou la peur", a-t-il dit. "Je crois que le cours des banques aujourd'hui sont largement fondés sur la peur - peur sur la profondeur et la durée de la récession, et peur sur ce que le gouvernement pourrait faire pour diluer ou éliminer les actionnaires", a-t-il ajouté.

"La dernière chose à faire est de commencer à nationaliser les banques", a-t-il précisé, en indiquant qu'il entendait par "nationalisation" la "prise de contrôle totale d'une institution par le gouvernement", qui serait "un cauchemar". Bank of America a reçu depuis l'automne 45 milliards de dollars de l'Etat fédéral en échange d'actions préférentielles, mais l'Etat n'est pas monté à son capital. Il en va différemment de Citigroup, qui a bénéficié des même sommes mais qui a vu l'Etat fédéral obtenir des actions ordinaires lui permettant de détenir jusqu'à 36% du capital. L'action de Bank of America bondissait de 13,76% à 5,61 dollars vers 19H00 GMT à la Bourse de New York.