IBM: le luxe de la visibilité

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Alors qu'au quatrième trimestre 2008, bon nombre de sociétés ont profité de la débâcle des marchés financiers pour lancer des avertissements sur résultats, IBM se paye aujourd'hui le luxe de publier des résultats financiers de bonne qualité et, chose rare pour être notée, de donner des prévisions pour 2009. La récession économique pèse certes sur son chiffre d'affaires au quatrième trimestre. Mais le groupe informatique d'Armonk est le premier à communiquer une prévision de bénéfice par action "d'au moins 9,2 dollars" pour 2009 et de confirmer sa trajectoire vers les 10 à 11 dollars par action à moyen terme.

Les positions de leader ou de coleader mondial dans les métiers rémunérateurs des services ou des logiciels expliquent en partie ces bons résultats. Ces atouts permettent à IBM de compenser les faiblesses que le groupe peut enregistrer dans la fabrication d'ordinateurs d'entreprise ou de semi-conducteurs (le "hardware" dans le jargon "Big Blue"). Les logiciels et les services rapportent en effet 28,5% et 11,9% de marge avant impôts contre 7,7% pour le hardware.

Pourtant, la diversité des métiers d'IBM et la bonne tenue de ses métiers à plus forte marge se reflète mal dans sa valorisation actuelle. Le titre capitalise 9,5x le résultat prévu en 2009 contre une médiane de 10,7x pour ses comparables, selon Infinancials.

De deux choses l'une: ou bien IBM subira tôt ou tard les effets de la récession sur ses profits, que vivent déjà de nombreuses firmes de technologie (Intel en est un bon exemple). Ou bien le groupe dispose de franchises dans les services et les logiciels suffisamment fortes pour résister mieux que ses concurrents à la crise. Auquel cas, la décote de valorisation risque fort de se réduire et pourrait même se transformer en prime.