BofA défend les bonus de Merrill Lynch

G. G. avec AFP

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Devant le tribunal fédéral de New York, Bank of America (BofA) a continué à défendre ses positions dans l'affaire des bonus de sa filiale Merrill Lynch. Pour le régulateur boursier américain, la SEC, à l'origine de la plainte, Bank of America a caché à ses actionnaires avoir autorisé le versement par sa future filiale Merrill Lynch de 5,8 milliards de dollars de primes annuelles, en dépit des pertes colossales de 2008.

Il était "largement entendu", au vu des communications financières de Merrill Lynch, que la banque en difficultés avait l'intention de verser des bonus à ses équipes, en dépit des pertes qui allaient se chiffrer à 27 milliards de dollars en 2008, a fait valoir BofA.

Le versement de primes en numéraire par Merrill Lynch le 29 décembre, juste avant la finalisation de son acquisition par Bank of America le 1er janvier, avait fait scandale aux Etats-Unis l'hiver dernier, alors que BofA fait partie des banques ayant reçu le plus de fonds publics, 45 milliards de dollars, dans le cadre du plan fédéral de stabilisation du système financier.

Dans son argumentaire lundi, la première banque américaine par les actifs a souligné que Merrill a ouvertement rendu publique son intention de verser des bonus dans des documents financiers tout au long de l'année 2008.

Les déclarations de Bank of America surviennent alors que celle-ci a conclu début août un accord avec la SEC selon lequel elle s'est engagée à verser 33 millions de dollars d'amende pour solder la plainte du régulateur dans l'affaire des bonus. Mais le juge Rakoff a rejeté cet accord.

BofA n'a jamais admis ni récusé les faits qui lui sont reprochés.

Lors d'une audience en début de mois, l'avocat de la SEC David Rosenfeld avait contesté qu'il soit facile pour des actionnaires de trouver des informations relatives à des bonus dans des documents financiers.

Une communication de la SEC était attendue plus tard dans la journée.