La bibliothèque de Google sous la loupe de l'anti trust

CV avec AFP

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Les autorités américaines de la concurrence s'intéressent à la bibliothèque virtuelle de Google, et à l'accord que le géant de l'internet a passé avec des associations d'éditeurs et d'auteurs pour la réaliser, selon un source proche des signataires de cet accord. "Le ministère de la Justice a contacté les parties impliquées dans l'accord de règlement et a demandé à discuter de ses clauses", a déclaré cette source à l'AFP, précisant qu'à ce stade elle n'avait pas plus de détails.

Cette déclaration, qui confirme des informations de presse, intervient au lendemain d'une décision de justice allongeant de quatre mois le délai de la mise en oeuvre de l'accord conclu par Google pour mettre fin à des poursuites de l'association des éditeurs américains (AAP) et du syndicat des auteurs (Authors Guild). Selon le New York Times, l'intérêt exprimé par les autorités de la concurrence ne signifie pas qu'une enquête formelle ait été ouverte, et encore moins que l'administration s'opposera à un accord qui n'a pas encore été validé par la justice.

Cet accord, annoncé en octobre, prévoit que Google partagera l'argent tiré de la consultation en ligne des ouvrages, financera un "répertoire" des droits d'auteur et prendra à sa charge les frais liés à des poursuites en nom collectif intentées contre lui en 2005, moyennant 125 millions de dollars. Il doit désormais être examiné par la justice le 7 octobre (au lieu de la date initiale du 11 juin). Les ayant-droit ont jusqu'au 4 septembre (au lieu du 5 mai) pour se déclarer et choisir ou non de bénéficier de cet accord.

L'accord a été critiqué par des spécialistes estimant qu'il permet à Google de publier et tirer profit de livres "orphelins" dont les ayant-droit ne se sont pas déclarés. Parmi ces critiques figure une organisation à but non lucratif, Internet Archive, qui a son propre projet de publication en ligne.

Les autorités de la concurrence ont déjà entravé des projets de Google par le passé. C'est ainsi que le groupe avait renoncé l'an dernier à un partenariat avec son concurrent Yahoo! dans la publicité, estimant que le coût d'un contentieux contre l'antitrust serait trop élevé.