Net repli à la Bourse de Paris

E24 avec AFP

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L'effet Obama qui a dynamisé mardi les places financières n'a pas survécu à la nuit. Mercredi 5 novembre, le CAC 40 a clôturé en baisse de 1,98% à 3.618,11 points, après une journée morose. Même déprime sur les autres places financières européennes. Francfort a reculé de 2,11% à 5.166,87 points, Londres de 2,34%, à 4.530,73 points et l'Eurostoxx 50 de 1,40%. De son côté, Milan a La Bourse de Milan a subi une baisse de 1,44% à 22.758 points. Les Bourses européennes n'ont reçu aucun soutien de la part de Wall Street. A la mi-journée, le Dow Jones perdait 2,33% et le Nasdaq 2,68%.

La victoire historique de Barack Obama n'a donc pas suffit face à la publication de perspectives économiques maussades. Selon des analystes, les marchés avaient déjà largement anticipé le résultat du scrutin, et se tournait déjà vers l'avenir. Un avenir morose. "Le prochain président va devoir faire face à une économie en pleine détérioration, et cela n'a pas échappé à Wall Street", a ainsi souligné Andrea Kramer, de Schaeffer's Investment.

Brutal retour à la réalité: le secteur privé américain a, selon le cabinet ADP, détruit 157.000 emplois en octobre, après en avoir supprimé 26.000 en septembre. Soit bien plus qu'attendu par les analystes qui tablaient sur 100.000 suppressions.

Cette publication "montre une détérioration du marché du travail, une tendance qui devrait être reflétée par les chiffres (officiels) de l'emploi vendredi", estime Elsa Dargent, de Natixis. "L'économie américaine devrait continuer à détruire des emplois à mesure qu'elle s'enfonce dans la récession", souligne-t-elle.

En zone euro, l'indice des directeurs d'achat (PMI) du secteur des services pour le mois d'octobre a été revu en très nette baisse, à 45,8 points, ce qui témoigne d'une contraction de l'activité.

L'euro reprenait un peu de terrain au dollar ce mercredi en fin d'échanges européens, tout comme la livre britannique, dans l'attente des baisses de taux largement anticipées jeudi de la Banque centrale européenne et de la Banque d'Angleterre. Après des débuts d'échanges européens en baisse, l'euro s'échangeait à 1,3037 dollar vers 18h00 à Paris. Contre 1,2975 dollar mardi vers 23h00.

Dans ce contexte, "le CAC 40 a vraisemblablement exprimé l’intégralité de sa reprise technique. A présent, le marché devrait amorcer un nouveau virage baissier", confirme la maison de courtage Aurel.

Du côté des valeurs, ArcelorMittal a joué les lanternes rouges des titres vedettes (-15,47% à 20,71 euros), plombée par des résultats trimestriels inférieurs aux attentes. Dans le peloton de queue, Alstom a perdu 7,15%, à 40,55 euros et Suez Environnement a lâché 5,99%, à 14,60 euros.

Quant aux valeurs financières, elles onté volué en ordre dispersé. BNP Paribas a creusé ses pertes (-1,54% à 57,60 euros) après des résultats jugés "décevants" par certains analystes, mais Dexia (+13,77% à 5,31 euros) s'est envolée, suivie de Société Générale (+4,23% à 49 euros).