Le patronat italien s'attend à "un automne vraiment difficile"

J. Bx avec AFP

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La présidente de Confindustria, l'organisation patronale italienne, Emma Marcegaglia, a exhorté le gouvernement à prendre des mesures pour éviter "un automne vraiment difficile", dans un entretien à la télévision publique jeudi 20 août.

Le parcours pour sortir de la crise est "encore long et difficile" a-t-elle estimé en invitant le gouvernement à prendre "des mesures indispensables". "Il y a encore beaucoup de choses à faire, comme refinancer l'amortissement social pour ceux qui perdent leur emploi, baisser les impôts et les cotisations sur les salaires dans les entreprises afin de donner plus d'argent aux employés et plus d'efficience aux entreprises", a-t-elle expliqué.

"Le pire est passé et le pays recommencera lentement à se redresser, mais il faudra des années pour revenir aux niveaux de production d'avant la crise".

Situation plus critique que la France ou l'Allemagne

Selon Emma Marcegaglia, l'Italie est dans une situation nettement plus critique que la France ou l'Allemagne. "Cette année, nous allons perdre 5% du PIB et de nombreuses entreprises vont devoir fermer à cause de la contraction de leur chiffre d'affaires de 30, 40 voire 50%, avec de graves conséquences pour l'emploi", a-t-elle prévenu. "Il faut beaucoup de sérieux et un grand sens des responsabilités de la part de tous", a-t-elle conclu.

"Nous avons devant nous un automne difficile et ce sont les travailleurs dans les usines qui en payeront les conséquences. Nous devons garder les pieds sur terre", a renchéri le president de Fiat, Luca Cordero di Montezemolo, en intervenant dans un colloque.

La récession a ralenti, mais l'économie italienne continue de souffrir, pénalisée notamment par la contraction des exportations et une consommation interne qui a du mal à repartir. Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait sur une chute de 5,2% du PIB cette année, après une baisse de 1% en 2008. 2010 devrait être l'année du retour de la croissance avec un PIB progressant de 0,5%.